1- Se trouver un mentor 

Par mentor, j’entends quelqu’un qui est là pour vous encadrer, vous guider et vous conseiller. En un mot, c’est un coach qui vous accompagne dans votre développement/épanouissement personnel et professionnel. Il.Elle est quelqu’un qui est apte à vous amener comme mentoré.e à prendre conscience de vos capacités inexploitées, vos freins, vos talents négligés et inexplorés. Le mentor est là pour vous épauler, vous suggérer et non pour prendre des décisions à votre place. Cette relation interpersonnelle suppose également échange, apprentissage voire transfert de compétences et de connaissances.

Mais c’est avant tout une personne expérimentée qui croit en vous, en vos compétences et capacités. Ce devrait être quelqu’un pour lequel on a une estime toute particulière. Une personne qui vous critique sans vous juger – qui vous canalise sans vous engueuler. Une personne qui vous suit et qui est prête à vous tirer les oreilles en cas de dérive. Les mentors vous cherchent des opportunités, vous ouvrent des portes, vous tiennent la main, vous soutiennent, vous motivent et tiennent à votre succès professionnel.

Le mentor peut être un.e bon.ne ami.e, un.e ancien.ne patron.ne, une connaissance, un.e professeur.e, un.e ancien.ne collègue, un conjoint. Il y a des mentors qui s’imposent seuls à force de les consulter souvent. Certains autres, c’est vous qui les choisissez. Un mentor peut être occasionnel ou régulier. Occasionnel – vous le contactez par occasion. Il est régulier – quand vous maintenez un certain rapport de mentorat à un rythme plus ou moins important.

Personnellement, j’ai un penchant pour les mentors femmes en raison de leur sévérité, rigueur, perspicacité et adresse. C’est pourquoi mes mentors sont majoritairement des femmes. Un processus qui se fait naturellement. En guise d’exemples, j’ai fait mes premières piges dans des médias internationaux – grâce à mon mentor Jane Regan qui était également la patronne du média dans lequel j’ai fait mes débuts. Ce qui m’a ouvert automatiquement des portes. Un exemple pour vous monter ce qu’un mentor peut vous apporter dans votre vie. Quelques-uns de mes mentors sont: Francesca K. Theosmy  et Jane Regan – deux journalistes de génération différente mais très expérimentées. Il en existe d’autres qui veulent sûrement rester dans l’anonymat.

On n’est pas obligé de rencontrer physiquement le mentor. Il y a ce qu’on appelle le "cyber mentorat" – un mentorat qui s'exerce via les outils informatiques. Avec le développement de la technologie, ceci devient plus que possible. Le téléphone, les appels, la messagerie, Facebook, LinkedIn, WhatsApp – autant d’outils que vous pouvez utiliser pour communiquer avec votre mentor. 

Parfois, le mentor se confond avec le modèle. Il arrive souvent que votre mentor soit votre modèle qui est quelqu’un en qui vous croyez ou que vous suivez pour sa trajectoire et ses réalisations personnelles/professionnelles. On ne devient jamais quelqu’un dans la vie sans un mentor. On ne parle pas là du mentorat tarifé ou institutionnalisé mais de celui basé de préférence sur l’entraide.

Je précise tout de suite: un mentor n’est pas un exploiteur – et un mentoré n’est pas un exploité. Tout processus d’exploitation suppose autre chose – mais pas du mentorat.

2- Se différencier

Comment fonctionne la presse en général chez nous ? Il se résume à couvrir les conférences de presse, traiter les communiqués et notes de presse, appeler des personnalités politiques ou de la société civile ou du gouvernement pour recueillir leurs opinions sur un sujet d’actualité ou un évènement qui vient de se produire. Il consiste également à faire du bâtonnage dans les autres médias (journaux, presses en ligne et radios). Rien de plus. Comme résultat: tous les médias - ou presque - ont quasi les mêmes informations avec presque les mêmes intervenants et surtout le même angle de traitement.

Ainsi, il n’y a presque pas de reportages de fond ou longs formats exclusifs au média, les sujets politiques prennent le dessus, le social et l’environnement sont globalement oubliés, etc. Mais aussi, absence quasi totale de journaliste spécialisé en Sport, Economie, Environnement, Développement et Santé. Pour le simple fait que 99.9% des journalistes se consacrent à la même tâche. Ce que j’appelle du ‘’journalisme facile’’ axé sur la paresse – mais aussi la réception de communication. D’ailleurs, quand vous intégrez un média ou vous dit de faire comme tout le monde.

Dans un tel contexte, être original, se démarquer, sortir du lot et faire du vrai journalisme s’imposent. Ce n’est pas facile – mais ça paie en termes de qualité et du journalisme utile. Voilà pourquoi je conseille toujours aux journalistes débutants - de même pour le journaliste expérimenté dans le journalisme de conférences et de communiqués de presse - de faire autrement. Ce point vous invite à aller à contre-courant du proverbe qui fait croire qu'une fois arrivé quelque part, vous devez marcher sur un pied si c’est ainsi que vous voyez que font les autres.

Soyez anticonformiste! Rebellez-vous! Cessez de croire en la facilité! Différenciez-vous!

Il reste une vérité absolue que tous les journalistes qui se démarquent du traditionnel parviennent à se distinguer et à se faire connaitre. Mais en plus, ils remportent des prix et distinctions au niveau national et international. Se différencier suppose aussi faire un journalisme utile, d’intérêt public et de qualité. Si le buzz et la course effrénée au scoop peuvent vous rendre populaire en Haïti où le journalisme de caniveau est malheureusement valorisé – ils ne feront pas de vous un journaliste prisé, primé – valorisé, adoré et respecté. Du moment que vous vous différenciez – vous serez reconnu au niveau national et international.

Ainsi, la meilleure façon de se faire connaitre dans un métier – d’y exceller – c’est de le pratiquer différemment. Je n’exagère pas si j’affirme que 99.9% des journalistes font du news, du buzz… du journalisme de conférences de presse, de caniveau et de compte rendu. Le faire autant, c’est se noyer dans un océan. Voilà ce qui explique mon choix de faire du journalisme d’enquête, du journalisme médical, du journalisme de société, du journalisme environnemental et du journalisme spécialisé dans le traitement de sujets tabous et négligés. Ce sont des champs inexplorés et assoiffés de journalistes intéressés à eux. Il y a tellement de sujets et de thématiques qui méritent d’être traités que vous ne seriez jamais… jamais … Je dis jamais… à court de sujets.

Il y a tellement de champs vides dans le métier que vous en trouverez un à adopter. En guise d’exemple, le journalisme médical - ou spécialisé dans le domaine de la santé - n’existe pas en Haïti. En dépit de l’existence d’un réseau haïtien de journalistes en santé. Il existe très peu de journalistes environnementaux dans le pays. De même pour le journaliste sportif – je ne parle pas de conteur de matches de foot qui s’affublent malencontreusement du titre de journaliste sportif – maitrisant uniquement et très peu ou pas, le foot comme sport.

3- S’entourer de personnes qui croient en vos potentialités

Savez-vous que j’ai fait des exploits importants à force d’avoir des gens qui croient en moi? Entourez-vous de personnes positives vous retournent des énergies positives. Faites votre preuve dans ce que vous faites et vous trouverez automatiquement des personnes qui vont croire en vous. Du moment que vous vous différenciez, vous pratiquez votre domaine autrement, vous sortez du lot – vous allez augmenter votre capital social et la quantité de personnes qui croient en vos qualités et potentialités. Des gens qui vont progressivement s’embarquer dans vos projets professionnels.

Sans conteste, je peux oser dire que j’ai des personnes qui croient en moi plus que je ne crois en moi. Je ne vais pas citer de noms cette fois-ci. Ils sont dans mon entourage médiat et immédiat. Ce sont des connaissances, des personnes que je n’ai jamais rencontrées de ma vie. Au cours de ma carrière, de hauts responsables au sein de l’Etat sur lesquels j’ai fait des articles non complaisants et critiques osent me communiquer leur appréciation à mon égard. Des personnes que je n’ai jamais rencontrées me suivent sans le savoir – me font part au moment opportun de leur appréciation pour le travail que je fais.                   

Dans un contexte comme le nôtre, on en a grandement besoin. Eloignez-vous autant que faire se peut des personnes qui ne vous boostent pas, qui nous ne supportent pas, qui vous découragent et vous font perdre

votre estime de soi.

4- Faire de la pratique de votre profession une passion avant d’en faire un métier

Je fais du journalisme une passion avant d'en faire un métier. Je prends plaisir à le faire. Je produis sans argent, voire sans savoir où je vais publier. Je fais du bénévolat à en revendre. Je me rappelle avoir publié dans plusieurs médias locaux et internationaux – sans aucune rémunération en retour. L’un des plus grands problèmes qu’ont certains journalistes qui exercent – ils croient avant tout autre chose en l’argent. Je ne veux pas minimiser l’importance de l’argent – loin de là – mais je vous invite à profiter des expériences, de la présence d’une équipe, d’un entourage approprié pour apprendre – mais aussi vous pouvez profiter de la visibilité que cela offre.

Mag Haïti m’a accueilli et m’a ouvert les portes en raison de la passion développée pour le métier. J’ai collaboré dans divers médias bénévolement, sans jamais rencontrer le responsable. Jusqu’à présent, je n’ai jamais rencontré le responsable de Haïti News 2000, un média pour lequel j’ai écrit des articles.

Cet aspect fera que vous n’avez pas de semaine encore moins de week-end. Cela veut dire que vous êtes prêt à travailler tous les jours et même tard dans la nuit. Ne limitez pas votre temps de travail au traditionnel 8h-4h du lundi au vendredi. Les journalistes les plus productifs sont ceux qui travaillent à toute heure de la journée et de la nuit. Mais ne restez pas planqué dans l’horaire de travail insuffisant du patron.

5- Trouver des modèles à suivre

Comme journaliste, photographe ou professionnel en Communication, j’ai des modèles en or. Des personnes qui m’inspirent ou que je suis en silence. Certains le sachent, d’autres non. En fait, il ne faut pas choisir n’importe qui comme modèle. Un influenceur sur les réseaux sociaux n’est peut pas un excellent modèle à suivre. L’intérêt qu’il y a dans cela, c’est que vous avez des personnes auxquelles vous voulez ressembler. Un modèle est quelqu’un qui a fait ses preuves dans son domaine et qui vous envoie des énergies positives à profusion.

Citons quelques-uns et les raisons pour lesquels ils en font partie. Il y a Gotson Pierre – manager en chef du Groupe Medialternatif qui gère l’agence en ligne Alter Presse. J'aime la clarté et la simplicité de sa plume. Fan du travail bien fait, il recherche toujours la précision voire la plus-value de chaque article. C’est un excellent journaliste qui écrit pour que la moindre personne sachant lire puisse le comprendre. J’ai un faible pour la plume de Francesca Théosmy qui sait restituer à la réalité sa vraie essence. Lire Francesca – c’est vivre au présent une réalité vécue par l’auteur dans le passé. On respire, on observe et on vit les réalités sous sa plume comme si on y était. J’adore sa plume dont je m'inspire certaines fois.

Des modèles, il y en a plein dans votre entourage. Je peux vous en proposer quelques-uns. Un journaliste comme Roberson Alphonse du journal Le Nouvelliste, peut être un excellent modèle à suivre. Il se distingue des autres par sa manière de pratiquer le métier. Sa plume est tonitruante. Robenson Henry qui a fait les beaux jours de Radio Kiskeya pendant de longues années en réalisant des reportages inédits peut servir de modèle pour ceux.celles qui sont intéressés à faire de la radio.

Les réseaux sociaux constituent un des moyens de les repérer. Ne choisissez pas un modèle pour le simple plaisir de choisir. Mais faites choix d’un modèle qui fait un travail consistant, irréprochable, utile et de qualité. Sachez-le, dans la presse haïtienne, les tonneaux vides font plus de bruit. Les meilleurs journalistes ne sont pas ceux.celles qui parlent fort, sonnent une cloche, crient au scoop... Mais ceux et celles qui pratiquent autrement le journalisme.

6- Participer à des concours et prix nationaux et internationaux

Je commence véritablement à me faire connaitre dans le journalisme en remportant des prix. Je connais d’autres qui sont passés par là. Participer à des concours devient pour moi une véritable passion. J’ai concouru à plus d’une vingtaine de prix nationaux et internationaux. Mon audace m’emmène même à participer au prix Albert Londres (l’équivalent du Pulitzer des Etats-Unis) à au moins deux reprises. Mon principe phare à ce niveau, c’est que vous n’avez rien à perdre en participant à un concours ou un prix. On ne perd jamais – on apprend toujours et toujours. Il m’est arrivé de participer à des prix et concours dont je n'ai jamais entendu parler après – ou dont je n'ai entendu parler à nouveau qu'au lancement de la nouvelle édition.

Tout cela pour vous dire que les concours, prix et distinctions nationaux et internationaux sont l’une des meilleures façons de se mesurer avec d’autres dans votre métier. C’est se mettre à l'épreuve voire s’exposer. C’est l’une des voies dont vous pouvez profiter pour vous faire connaitre et faire connaitre votre travail à d’autres publics et personnalités qui ne vous connaissaient pas auparavant. En plus de cela, cela procure la reconnaissance de ses pairs. Les prix remportés m’ont offert l'occasion d’une publicité gratuite autour de mes travaux dans des médias prestigieux au niveau international.

Un texte spécial sera consacré au pourquoi il est intéressant de prendre part à des concours et ce que cela vous apporte comme plus-value.

7- Etre modeste et humble

On me fait souvent l’accusation d’être trop modeste et humble. Je me présente souvent avec très peu d’informations alors que sur internet un simple clic peut vous dévoiler la richesse de mon identité professionnelle. Des choses que vous ne sauriez jamais si vous attendez de les entendre de ma bouche. Même les personnes qui partagent mon intimité se plaignent de garder secrètes certaines réalités de mon existence. Une des raisons pour lesquelles je fais ce choix, c’est parce que je veux être capable de marcher dans la rue sans m’inquiéter. Capable de marcher à pied, de passer inaperçu et de me fondre dans un public anonyme.

La vie est tellement enivrante que je veux pouvoir la vivre simplement et modestement. Certains ont été parfois surpris d’apprendre la personne que je suis véritablement ne reste que dans les moteurs de recherches. Etre modeste et humble se révèle un combat quotidien. Il faut s’efforcer de ne pas être grand – mais bon. Plutôt, il faut laisser aux autres la chance de vous voir grand et de n’avoir plus rien à prouver.

L’humilité est un trait de caractère ou une qualité chez quelqu’un qui s’éloigne du narcissisme, de l’arrogance ou de l’orgueil. C’est la preuve d’une certaine maturité d’esprit et de maturité affective. Cela donne l’impression qu’on n’est pas le centre du monde – mais un de ce monde. Mais aussi, qu’on n’est pas au-dessus des choses ou des autres. Etre humble ne veut pas dire se déprécier, loin de là. Cette vertu vous permet d’admettre vos limites – sans vous dévaloriser. Ce qui vous met perpétuellement en position de vous améliorer, de combler vos lacunes et d’apprendre davantage.

Etre modeste vous fera voir la pratique du métier comme une opportunité d’utiliser ses compétences au service du plus grand nombre. Je n’ai aucun problème avec ceux et celles qui font choix du vedettariat. C’est leur choix.

8- Apprendre encore – apprendre toujours… 

Un journaliste qui veut s’améliorer voire se perfectionner doit se former un peu plus chaque jour. Ceci passe par la participation à des formations en ligne et présentielle – mais aussi lire beaucoup plus voire suivre de nouveaux cursus. Les lacunes à combler sont immenses et la soif de savoir est incommensurable. Se dire auto-suffisant, c’est se mentir à soi-même et à la vie. Car la connaissance est trop immense pour s’estimer tout connaitre. Les progrès scientifiques et technologiques obligent tout journaliste à se former continuellement. Les choses bougent – si on le fait pas on risque de ne pas être à jour.

La réalisation d’articles de fond m’a permis de faire l’acquisition d’une masse compacte de nouvelles connaissances dans des domaines divers et variés. Ce, du fait que la recherche est l’une des étapes majeures du processus de réalisation du journalisme en profondeur. J’ai appris tellement de choses dans certains domaines qui me donnent une facilité de discours face à des spécialistes.

D’ailleurs, un bon journaliste, c’est quelqu’un qui a une excellente culture générale. Et l’une des critiques majeures faites aux journalistes haïtiens, c’est le manque ou l'absence de formation - ou encore une mauvaise formation - qui impacte sur la qualité du contenu qui n’est pas toujours au rendez-vous. Un journaliste mal formé ne saurait penser faire du journalisme de qualité. Donc, n’hésitez pas à vous créer du temps pour vous former, suivre des formations et participer à des activités qui vous procurent un bien-être cognitif. Plus vous êtes mieux formé, plus vous êtes habilités à faire du bon journalisme.

C’est l’humilité comme vertu qui vous fera vous sentir incomplet et vous fera toujours sentir le besoin de combler vos lacunes. Il ne faut jamais se contenter de ce que l’on sait. Il faut apprendre un peu plus chaque jour. Dites-vous que vous avez plus à apprendre que ce que vous saviez déjà. Ne vous trouvez jamais auto-suffisant.

9- Soyez positif et toujours optimiste – ayez confiance en vous

Dans votre miroir, vous ne verrez pas d’autres personnes – mais plutôt votre pire ennemi qui n’est autre que vous-même. Cela sous-tend que vous êtes votre premier et pire ennemi. Si vous ne progressez pas ce n’est pas la faute de votre voisin ou de votre frère ou sœur – mais la vôtre. Si vous ne réussissez pas dans la vie – c’est à cause de vos choix et orientations personnelles/professionnelles. Cessez de toujours trouver un bouc-émissaire à vos échecs.

Cette étape vous oblige à encaisser autrement les critiques. Certaines critiques sont tellement acerbes – elles peuvent vous faire perdre votre estime de soi. Et des critiques, ils n’en manquent pas – il n’en manquera jamais. Les critiques sont des blocs – utilisez les pour construire votre rêve. Ce ne sont pas les critiques qui tuent – mais plutôt ce qu’on en fait. Ne vous laissez pas déboussoler par les critiques. Des critiques, vous en trouverez dans votre média en votre présence autant qu’en votre absence. Les réseaux sociaux n’en manquent pas non plus.

L’une des critiques faites souvent à certains journalistes de la presse écrite – c’est qu’ils ne savent pas écrire. De la foutaise – quand on s’enquiert de ce qu’écrivent ces médias! Prenez les choses du bon côté – profitez pour combler vos lacunes par la lecture d’ouvrages et d’articles consistants – mais pas ceux de ces médias qui tiennent cela pour prétexte de révocations. C’est tellement de la foutaise, ces médias ne croient pas dans le journalisme de qualité et ne vous donneraient pas de temps pour faire du vrai et du bon journalisme.

La confiance en soi est le premier des motivateurs et boosters capables de vous aider à surmonter les critiques pour pouvoir aller vers l’avant. Ce sans quoi vous risquez de perdre votre estime de soi devant les critiques et jugements – certaines fois non fondées.

10-   Faire des disciples

Mentorer d’autres, les encadrer, les aider… c’est rendre à d’autres ce qu’un mentor a fait pour vous. En quelque sorte, c’est faire pour d’autres ce qu’on a pu bénéficier. Ceci passe par la formation et l’encadrement de la personne. Ceci permet le transfert de connaissances. Il est temps de divorcer d’avec la pratique – avan mwen se mwen, aprè mwen se mwen. Une tendance qui prédomine dans la société haïtienne depuis des lustres créant une friction entre les jeunes et les vieux.

Faire des disciples ne veut pas dire forcer l'autre à vous ressembler. Mais non. Il consiste à accompagner d’autres et à former des gens capables de vous remplacer quand vous déposez la plume ou le micro. Et qui a postériori peut vous citer comme l’un de ceux qui lui ont donné la chance d’être là où il est. En formant les autres, vous vous formez vous-même et vous apprenez de nouvelles choses non seulement de vous mais de l’autre.

C’est aussi donner la chance à l’autre/ aux autres de bénéficier de vos acquis, de votre vécu et d’apprendre de vos expériences. Les jeunes manquent tellement de repères que l’appui d’un plus mature leur serait d’une importance capitale. Leur donner la chance d’évoluer à vos côtés est plus qu’une aubaine.

11- Visibiliser votre travail

Quelqu’un qui veut exceller dans un métier comme le journalisme doit faire connaitre son travail à un public plus large et diversifié. L’internet donne la possibilité de pouvoir le faire en quelques clics. Il existe mille et une façons de donner visibilité à son travail. Parmi les moyens, citons le partage sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. Sans négliger aussi Instagram, LinkedIn et WhatsApp.

Cela importe aussi de les mettre disponible au préalable sur un site ou plateforme avant de penser à les partager. S’il s’agit de reportages audio – Sound Cloud et YouTube sont de bons outils. Pour les vidéos – viméo et YouTube. Ceci implique également d’être présent sur les réseaux sociaux.

Le rendre public, c’est le rendre disponible pour le grand public. Le premier travail de publicité autour de votre travail dépend de vous et le public se charge du reste. Car généralement, dans presque tous les grands concours nationaux et internationaux, on vous demande de communiquer des liens de travaux déjà réalisés. Ne pas pouvoir le faire est une preuve de manque de professionnalisme. Avec cette expansion du numérique, vos travaux doivent être disponibles en un clic sur le net.

Trouver des médias pour en parler, peut être intéressant. Cela donne l’opportunité de se faire connaitre et de faire connaitre ce que vous faites dans votre métier.

Un autre moyen que vous pouvez utiliser pour donner publicité à vos travaux – c’est de participer à un concours et le remporter. Ce qui vous donner une publicité gratuite autour de vos réalisations.

12-  Fuyez l’argent facile

Le journalisme ne jouit pas d’une bonne réputation en Haïti. Dès que vous dites que vous êtes journaliste – on vous taxe de marchands de micro, de radioman et de toutes les mauvaises dénominations. Croire en l’argent vous fera divorcer d’avec l’éthique et la déontologie du journalisme. Je ne rejette pas la précarité dans laquelle baignent les pratiquants – et les patrons qui sous-paient leurs employés dans un champ médiatique où le salaire minimum est de 15 mille gourdes. J’en suis conscient: le métier ne nourrit pas son homme/sa femme. Avant de le choisir – vous devez le savoir.

Je suis témoin de journaliste qui exige de l’argent de la part de personnalités et organisations à la suite de conférences de presse. Comment pensez-vous que ces institutions et personnalités vont vous considérer – sinon comme des vendus ou achetés. Des offres, vous en recevrez du pouvoir et de l’opposition – mais aussi de la société civile. Des offres qui, si elles sont acceptées, vous feront perdre votre crédibilité et indépendance. Un journaliste qui n’est pas indépendant cesse de l’être.

Si vous aimez l’argent – on en profitera pour vous corrompre voire vous faire des propositions indécentes. Assurez-vous d’avoir toujours de l’argent propre en poche afin que vous soyez en paix avec vous, vos pairs et votre profession. Mais aussi – avec votre entourage et votre conscience.

 

Milo Milfort