« Depuis l’installation de ce climat d’insécurité, aggravé par la hausse du prix du carburant, associée à l’insécurité générée par les gangs, le kidnapping, l’augmentation du coût de la vie, la situation des personnes handicapées est devenue plus précaire », souligne enpaK à propos de cette période de crise que traverse le pays posant de nombreux défis pour tous mais des défis accrus pour les personnes handicapées en raison des barrières institutionnelles, attitudinales et environnementales. 

L’organisation EnpaK, a réalisé une série de consultations avec les organisations de personnes handicapées (OPH) dont l’Organisation des Personnes handicapées pour le Développement du Nord-Est, la Coalition nationale des Associations des Personnes handicapées (CONAPH) du département du Sud et le Mouvement pour l’Intégration et l’Émancipation des Femmes handicapées (MIEFH) du Département Nord dans le cadre du projet « Yon kominote Pou Nou tout ». 

« Le peu d’entraide […] se réduit en peau de chagrin. De nombreuses personnes handicapées n’arrivent plus à compter sur l’aide de leurs familles ou sur celle de leurs bienfaiteurs en raison de la dégradation économique », a dénoncé l’ONG qui promeut et défend le droit des personnes handicapées. « La situation d’insécurité a fini par avoir raison de certains petits commerces qui faisaient vivoter nombre d’entre eux. En raison de cette situation, des familles font face à l’insécurité alimentaire et la pauvreté devient rampante ». 

Les services de réadaptation et de réhabilitation, déjà très peu disponibles et abordables, ont également été interrompus et cette interruption a de sérieux impacts sur les personnes handicapées. Les inquiétudes sont grandissantes avec la résurgence du choléra et l’accès aux services y afférant. Environ 4 % de la population haïtienne âgée de cinq ans et plus vit avec une forme de handicap quelconque, selon l’enquête EMMUS-VI (2016-2017) 


Mackenz Dorvilus