Par Jean Robert Bazile


L’année 2022, Fabiola Fanfan a su se faire remarquer à travers des reportages de qualité au sein de l’agence. À côté, de sa préséance et de son professionnalisme dans l’exercice du métier, au sein de l’équipe, Fabiola est celle qui fait l’unanimité par son esprit d’équipe, son sens d’initiatives, sa disponibilité et ses bonnes volontés. La responsable logistique s’est sacrifiée, à chaque occasion, de la manière la plus responsable, pour l’avancement du team. La rédaction de Enquet'Action ne saurait laisser passer l’occasion de mettre en lumière tous les sacrifices que la jeune journaliste a consentis au cours de l’année 2022. 

De la passion ...

Née à Delmas, commune du département de l’Ouest, Fabiola a vécu une partie de sa petite enfance dans la commune de Jacmel (département du sud-est) avant de retourner à Port-au-Prince pour ses études de cycles fondamentales. Elle a déménagé dans la commune de Carrefour après avoir obtenu son certificat de 9e année fondamentale. Elle y habite encore aujourd’hui. Fabiola est normalienne, institutrice et aussi propriétaire de « Ma Douce Saveur », une entreprise évoluant dans le domaine de l’Agro-Industrie. Mais c’est dans la presse qu’elle a pu s’épanouir. 

« J’étais encore enfant quand j’ai fait la connaissance de radio Caraïbes, radio Lumière, Radio Vision 2000. J’adorais écouter leurs éditions de nouvelles. C’est de cette manière que j’ai développé un grand amour pour les médias. Ce qui a créé en moi, le désir de devenir journaliste », confie-t-elle. Influencée dès son enfance par des journalistes comme Paulette Laforest et Hérold Saint Armand, Fabiola caressait depuis ses études classiques, l’idée d’étudier la communication sociale à la Faculté des Sciences humaines (FASCH) de l’Université d’État d’Haïti (UEH). 

« Mais je n’ai jamais manifesté la volonté de participer aux concours d’entrée à l’Université d’État d’Haïti (UEH). Beaucoup de personnes ne me voyaient pas comme journalistes puisque j’étais toujours très réservée et timide », explique Mme Fanfan, se rappelant de l’un de ses professeurs en 8e année fondamentale qui a objecté que la communication n’est pas faite pour des gens timides, lorsqu’elle a avoué sa passion pour le journalisme. 

« En 2018, l’idée a refait surface et je suis allée à l’ISNAC », poursuit-elle. Elle a commencé ses études en journalisme au cours d’une période de grande crise. Ses proches et familles ont essayé de la convaincre d’abandonner. Mais Fabiola a résisté à toutes les tentations et les difficultés de toutes sortes. « Beaucoup d’etudiants.es de ma promotion ont abandonné. Certaines fois, j’ai traversé Martissant sous les coups de feu pour aller suivre les cours. Dans le pire des cas, j’étais obligée de rester chez moi, mais je n’ai pas abandonné ». 

Des expériences difficiles et enrichissantes 

Un an après son entrée à l’ISNAC, elle a été recrutée par La Brève Info, une agence d’information en ligne. L’expérience a été concluante, estime-t-elle. Puis, elle a rejoint Top Haïti dirigé par Godson Lubrun.. De Top Haïti, elle a transité vers Enquet’Action. « Ma collaboration avec Enquet’Action a débuté en janvier 2021. C’est une belle expérience. Elle est enrichissante  », témoigne Fabiola Fanfan qui s’enorgueillit de ce que représente son média dans le milieu. 

« L’une des choses les plus satisfaisantes, en dépit des critiques formulées contre les médias en ligne en Haïti, Enquet’Action reste l’une des références », souligne-t-elle. Dans les formations auxquelles j’ai participé, poursuit la rédactrice, lors des interviews réalisées, le feedback est très positif. « On parle de nous et de ce que nous représentons en des termes élogieux ». La journaliste reconnaît que EA participe à son amélioration quotidienne. Pour Fabiola, Enquet’Action n’est pas seulement une famille en plus d’un lieu de travail, c’est une école. 

« Au début, je pensais que je ne pouvais pas faire long feu dans ce média. C’était dur. Le rédacteur en chef, Milo Milfort, est très exigeant. Mais grâce à son encadrement et sa motivation, j’arrive à progresser », affirme-t-elle. Sa passion pour le journalisme grandit à travers son goût prononcé pour l’apprentissage avec une dizaine de certificats obtenus lors de multiples formations qu’elle a suivi sur le journalisme. 

Certaines expériences ont été aussi difficiles pour Fabiola, considérant le contexte d’instabilité politique et d’insécurité du pays. Se déplacer pour aller sur le terrain ont eu comme prix la traversée des zones dangereuses comme Martissant et Ti Cajoux pour la jeune journaliste qui dit être insatisfaite du système des médias en Haïti. À son avis, la presse haïtienne perd graduellement ses lettres de noblesse. 

Fabiola Fanfan n’est pas sûre de la durée de son passage dans ce secteur. Mais elle dit vouloir continuer à progresser, œuvrer pour le droit à l’information, gagner certains concours et mettre des prix à son actif. En dépit de la longueur et de l’étroitesse de cette route, elle reste patiente et motivée. D’où, sa capacité à trouver des sujets originaux et impactant. 

Pour l’année 2022, Fabiola a convoité différents concours. Si pour certains les résultats n’étaient pas satisfaisants, d’autres n’ont pas encore délibéré. Mais, elle a terminé l’année en raflant l’une des bourses de reportage de l’Association des Journalistes Haïtiens (AJH).