Stéphanie Dagrin, jeune commerçante de 26 ans, vient de déposer ses affaires à Gressier, après un long voyage dans le sud-est d'Haïti. « J'ai tellement de demande, je viens d'acheter du haricot en gros à Jacmel. Je suis à peine arrivée chez moi», argüe-t-elle. Ses pores visiblement suintés de sueur. Vendeuse de noix de coco auparavant, elle s'est lancée dans le commerce de haricot depuis le début du mois d'octobre 2021. Par ailleurs, monter un business en Haïti devient presqu’une mission impossible dans un contexte hostile à l’entrepreneuriat. Stéphanie Dagrin, est l’une des bénéficiaires du ''Programme Solidarité'' lancé par l'association Fanm Eklere.

« Ce programme me permet de renforcer mon business presque à 80%. J'ai trouvé ce financement au mois d'octobre 2021. On m'a emprunté 15 mille gourdes», se réjouit la bénéficiaire, le timbre vocal couvert de joie. Cette somme est remboursable sur une période de 12 à 18 mois. « Tous les trentièmes jours du mois, je dois verser une tranche de la dette, précise-t-elle. Mais, pour ce mois, je ne sais pas encore à combien s’élève le montant ».