Enquête 


Pays lock (pays bloqué) entre septembre et décembre 2018; l’insécurité grandissante et en première ligne, le kidnapping en 2019, 2020 et 2021 – sans oublier les massacres, assassinats, viols en série; la Covid-19 en mars 2020 et les protestations de rues, certaines fois violentes de 2018 à date… Beaucoup d’étudiants.es ont abandonné leurs études ou fermé leur dossier à l’université, ces quatre dernières années. Les plus capables ont laissé le pays pour aller étudier à l'étranger, notamment en République Dominicaine ou aux États-Unis. Les moins fortunés restent au pays - certains abandonnent, d’autres résistent en continuant avec les cours, la peur au ventre. C’est du moins ce qu’a révélé une investigation menée par Enquet’Action auprès des acteurs de la vie sociale concernés par la situation, notamment les psychologues, sociologues, responsables d’organismes de défense de droits humains, responsables académiques et certaines victimes…

Natacha Joseph (nom d’emprunt) habite à Delmas. Étudiante finissante en Gestion des affaires à l'Université Crefima, elle fait partie de ceux.celles qui ont accepté de se confier à nous. «J'ai abandonné mes études à l'université à cause de mes parents. Ils insistent pour me persuader d'abandonner parce qu'ils ont peur pour ma sécurité, confie-t-elle sur un ton empli de désolation. En voyant des personnes victimes, ils s’imaginent que je pourrais aussi me retrouver dans la même situation. Quand je suis dans la rue, à chaque fois que leur téléphone sonne, ils s'inquiètent ». La battante qu’est Natacha se sent déboussolée. Elle qui n’aime pas abandonner. «Tous les projets que je commence, je dois les achever. Il y a plusieurs étudiants qui ont fermé leurs dossiers avant moi ». Dans l’entourage de Natacha, il y a deux groupes d’étudiants.es. Ceux.celles qui abandonnent les études – mais aussi et surtout, ceux.celles qui restent mais sous l’emprise d’un moral en lambeau. Dans cette dernière catégorie – certains.es gardent le cap, parce que tout simplement, ils.elles sont sur le point de boucler leurs études. 

« Le pays a besoin de beaucoup de psychologues. Car la santé mentale du peuple haïtien est véritablement affectée. Les universités et les écoles sont aussi en nécessité d’avoir accès au service des psychologues. Nous sommes des morts ambulants », se lamente Natacha avec dans la voix un brin de tristesse. Pour elle, c'est le devoir de l'État de garantir la sécurité, mais dans la réalité, c’est le contraire. Natacha Joseph n’est pas seule dans cette situation accablante. Le média d’information et d’investigation Enquet’Action a aussi rencontré Farah Pierre (nom d’emprunt), étudiante en deuxième année en Sciences de la Communication à l'Université Episcopale d'Haïti (UNEPH). Elle a pris la décision de fermer son dossier depuis février 2021. « J’ai pris cette fâcheuse décision après avoir consulté mes parents », a-t-elle martelé. La jeune universitaire raconte la raison qui l'a poussée à prendre cette décision: l'intensification de l'insécurité. Ce phénomène impacte ses études et la rend instable.

Des Universités durement éprouvées!

« Quand je suis en classe, je pense toujours à la crise », soutient Farah qui ne cache pas ses frustrations. N’était-ce pas cette crise et les troubles socio-politiques, elle serait en troisième année. Ce climat a réduit fortement sa capacité d’apprentissage ainsi que celle de certains autres étudiants, raconte-t-elle. Situé à proximité de ce qui reste de l’unique place publique de la capitale qui est le Champ de Mars, son établissement universitaire se retrouve toujours au cœur de troubles récurrents qui sévissent depuis au moins 2018 dans ce périmètre. « Souventes fois, même à l'intérieur de l'université on est pas exempté », raconte-t-elle. Quand il y a des mouvements de protestation au Champ de Mars, les forces de l'ordre lancent généralement des bombes lacrymogènes pour disperser les foules. Du gaz lacrymogène qui les incommode jusqu'à l’intérieur de l’enceinte facultaire. « Même si les universités continuent de fonctionner mais psychologiquement la concentration n’est pas au rendez-vous ».

L’un des camarades de Farah, en sortant de la faculté, a reçu une balle à la suite d’un mouvement de protestation. Le ton sur lequel elle nous le disait confirme bien que les cicatrices de cet incident douloureux hantent encore son esprit. Un autre de ses camarades qui habite en Plaine a été victime de cambriolage. Un ami de sa sœur qui réside à Carrefour - au Sud de la capitale - a fait les frais du kidnapping, puis libéré contre rançon. Des fatalités qui ont durement marqué son existence. Pas moins de quatre ans depuis qu’elle a bouclé ses études classiques, Farah tarde encore à avoir son diplôme universitaire en main. Elle décroche seulement des certificats pour des séminaires suivis. Cette raison l’a poussé à intégrer une école professionnelle à Carrefour au sud de Port-au-Prince, non loin de sa maison afin d’étudier une discipline qui ne dure que deux ans. Car elle ne sait même pas jusqu'à quand elle obtiendra de l’université sa licence en Communication. 

« Souventes fois, en me rendant à l'école, quand je suis arrivé à Matissant ou à Portail Léogane, on entend de fortes détonations ou on apprend que des policiers sont en altercation avec des bandits », se plaint, de son côté, Augustin Alpha Deux Geni qui habite à Carrefour et est étudiant en deuxième année de Gestion des Affaires à l'Université Américaine des Sciences Modernes d'Haïti (UNASMOH). «Tout haïtien qui vit dans ce pays a peur », reconnaît-il. Ce qui fait qu’il sèche des cours depuis novembre 2020. Quant à ce jeune universitaire, le fait de rester chez lui, ne pouvant pas aller à l'école en raison de l’insécurité lui donne envie de se révolter. Il plaide pour une nouvelle révolution dans ce pays. « Si on ne fait pas une révolution, on aura toujours des enfants qui ne peuvent pas se rendre à l'école », prévient-il, expliquant qu’un de ses condisciples habitant au Bel-Air abandonne ses études depuis la fin de sa première année en raison des paniques continuelles. Il précise que chaque fois que son ami lui parle, c’est pour lui expliquer qu'il vit en cachottier à cause de sa peur. Ces trois dernières années, Bel-Air, quartier populaire du bas de la ville, est victime de nombreuses attaques armées qui ont fait environ une centaine de morts, des blessés.es et des dizaines de maisons incendiées.

De l'Université de Technologie d'Haïti (UNITECH) à l'Université André E. Laroche (UAEL) en passant par l’Université d’État d’Haïti (UEH) les constats ne sont pas différents. Le climat d'insécurité affecte de plein fouet les universités de la capitale en général - les établissements privés en particulier. Les cas d’abandon d’études se multiplient, à en croire des responsables académiques de ces différentes institutions universitaires. Entre janvier et mai 2021, les chiffres sont alarmants. Si l’UNITECH comptait environ 3 000 étudiants.es au début de la session, à présent il ne resterait qu’environ 2 700. Chez André Laroche, il y a entre 15 à 20% d’étudiants.es qui ont fermé leur dossier. « Je considère ceux qui n’abandonnent pas comme des héros.héroïnes », déclare Samuel Synal, responsable académique de l’Université André Laroche. Si le climat persiste « on peut s'attendre à la fermeture totale du pays », prédit-il, ajoutant que la population va arriver à un moment où elle est obligée de vivre avec la crise comme si c’était normal. « Ça risque d’aggraver si rien ne change. Si ce climat persiste, on devrait s’attendre à de nouveaux cas d'abandon, des découragements et aussi des fuites de cerveaux », prédit le responsable à l’UNITECH, Cadet Magdalena Jn Baptiste, pour ensuite ajouter que cela provoque le stress et est susceptible de causer de nombreuses maladies. 

Des conséquences désastreuses… Faut-il s’attendre au pire?

Cette réalité a pas mal de conséquences sur la jeunesse estudiantine, à en croire les deux responsables. Car ils.elles sèchent souvent les cours en raison des troubles et parfois même ils.elles se voient obligés.es de garder les portes fermées. Les étudiants.es qui n'abandonnent pas sont démoralisés.es et privés.es de concentration. Ce qui aboutit à une grande baisse de rendement. Les responsables encouragent les étudiants.es à ne pas baisser les bras. Ils.elles ont un objectif à atteindre et le temps ne s'arrête pas. Ils doivent avancer pour ronger cette peur qui les terrorise. Ils.elles conseillent aux étudiants.es de rester positifs et de pratiquer la prudence aussi quand on sait que même chez soi on n’est pas épargné. Les deux responsables académiques en ont profité pour évoquer des cas d’étudiants.es qui ont fermé leur dossier pour des raisons économiques, car leurs parents tombent en chômage en raison de la crise. « Économiquement, il y a des étudiants.es qui sont obligés.es de venir fermer leur dossier du fait que leurs parents ont perdu leur emploi à cause de la fermeture de certaines entreprises due à l’insécurité. Ce qui explique automatiquement que ces parents tombent au chômage », avance Magdalena Cadet, ajoutant qu’il y a aussi des parents commerçants.es qui ne puissent se rendre au marché pour écouler leurs produits. « Ce climat affecte l’économie des parents et l’économat de l’université aussi », renchérit Samuel Synal.

Pour mieux faire passer le temps où elle reste cloitrée à la maison, Natacha Joseph télécharge sur son téléphone des applications susceptibles de l'aider à s'améliorer en Français et en Anglais. 

Face à la situation inquiétante qui se développe au pays, le pire est-il à nos portes? « Je ne peux pas prédire l'avenir. Je ne suis ni Dieu, ni un prêtre vodou. En revanche, je peux faire des hypothèses sur l'avenir par rapport au présent, a fait savoir le sociologue Ilionor Louis en entrevue à Enquet’Action. Si on a des étudiants qui abandonnent leurs études ou ferment leurs dossiers en raison de l'insécurité, on doit savoir qu'on aura des raretés de professionnels.les dans différents domaines dans les années à venir ». 

Cet environnement nocif peut avoir des impacts négatifs majeurs sur Haïti. On pourrait considérer l’exemple d’un.e étudiant.e qui a élaboré un projet d'avenir et est obligé.e malheureusement de le redéfinir à cause du climat d'insécurité. Par ailleurs, «on doit regarder dans quelle catégorie sociale viennent les étudiants.es qui ferment leur dossier à cause du climat. Très probablement ce sont des jeunes de la classe moyenne basse ou de la classe populaire qui n'ont pas la possibilité d'aller étudier à l'extérieur ». Le sociologue estime que ce climat peut produire un stress au quotidien chez les jeunes et leur faire croire qu'ils n'ont plus d’avenir dans le pays. Ceci va les forcer beaucoup plus à quitter Haïti. Ilionor Louis croit pourtant que cela peut changer. Les sociétés ne sont pas statiques, mais de préférence dynamiques. Pour le sociologue, l'insécurité peut avoir des impacts sur le tourisme par le fait que les touristes étrangers ne viendront plus visiter le pays. Elle a aussi des impacts sur le secteur commercial. Par exemple, le kidnapping d’un entrepreneur va provoquer la ruine de son entreprise. « Cela veut dire que cette situation pose un problème de décapitalisation et entraîne des pertes d’emplois. Ça provoque aussi une mauvaise réputation pour le pays. Car les étrangers vont avoir peur et ne voudront plus venir ». 

M. Louis rappelle que presque toutes les autorités du pays, les ministres et les directeurs généraux entre autres, qui ont des enfants en âge d’aller à l'université envoient leur progéniture entreprendre ces études supérieures dans des pays étrangers. Ainsi se demande-t-il « sile climat d'insécurité n'est pas une forme de politique pour forcer plus de citoyens.nes à abandonner le pays afin que ceux.celles qui veulent conquérir le pays et s’accaparer du pouvoir puissent le faire avec plus de facilité. Ce que nous vivons, c'est une crise qui peut déboucher sur d'autres choses». 

Cette insécurité n’est pas sans conséquence sur la santé mentale de la population estudiantine en Haïti. Selon le psychologue Wilcox Toyo, si ce climat persiste, on doit s'attendre à une population en désarroi, qui est dépassée et sombrée. À force d’y être exposé, les gens peuvent développer des maladies mentales.

Une violation du droit à la vie

Toyo souligne qu'on peut aussi trouver une population haïtienne qui s'adapte grâce à sa résilience et est dotée de plus de capacité pour faire face à ces situations. Une attitude dangereuse, nuance-t-il pour autant. « Le fait d'avoir un peuple qui s'habitue plus à des choses inacceptables ou anormales et qui vont entrer comme normalité chez lui est une attitude périlleuse. On aura un peuple beaucoup plus passif. Tout ceci aura des conséquences [énormes] », affirme-t-il. 

Il y a seulement deux centres de psychiatrie pour tout le territoire national, les professionnels.les en maladie mentale ne sont pas nombreux.ses et le peu qu'on a se trouve majoritairement dans le département de l'Ouest, rappelle-t-il. Ainsi, pour parler de l'impact de l'insécurité sur la communauté estudiantine, d'abord il faut distinguer la violence et l'insécurité, répète Wilcox Toyo. « La violence, ce sont des actes posés, tandis que l’insécurité découle de ces actes de violence. Lesquels vont entraîner chez les gens un sentiment d'insécurité », poursuit-il tout en expliquant que cette situation peut engendrer une baisse de rendement et de concentration chez l'apprenant. Et son esprit qui est un peu déconnecté va le  porter à redoubler une certaine vigilance vis-à-vis de ce climat. « L’apprentissage d'une personne se développe par la motivation et cette crise a causé le contraire. L'insécurité peut provoquer des crises d'angoisse, des attaques de panique chez les gens, ainsi que du stress et de la dépression. Autrement dit, ceci peut causer des problèmes qu'on appelle des troubles anxieux qui vont agir sur la capacité d'apprentissage ». 

Un étudiant victime d’un kidnapping ou d’une tentative d'enlèvement peut avoir un traumatisme de cet événement-là, assure Wilcox Toyo, psychologue. Cet étudiant-là va être en nécessité de suivis psychologiques. Dans ces cas-là, on trouve des personnes qui développent surtout des crises d’angoisse, des attaques de paniques entre autres. Ce qui va créer chez lui une situation où il va avoir peur de sortir seul dans les rues, même pour aller voir un psychologue. En dépit de tout, Toyo conseille aux étudiants.es de poursuivre leurs études. « L'Etat Islamique était en guerre et malgré tout, cela n'empêchait aux portes des écoles de rester ouvertes », a-t-il dit, les encourageant aussi à consommer sainement, que ce soit par rapport à ce qu'ils.elles mangent, regardent ou écoutent sur les réseaux sociaux. La pratique d’un sport est conseillée, ainsi que la méditation et la prière pour les croyants en spiritualité aux fins de garder leur équilibre mental. 

Cette vague d’insécurité a coûté la vie à des étudiants.es, d’autres ont été kidnappés. Nombreux.ses sont ceux.celles qui ont déjà quitté le pays pour aller se réfugier notamment en République Dominicaine ou aux Etats-Unis où ils.elles recommencent avec leurs études. Par contre, ceux.celles qui n’ont pas les moyens d’émigrer regagnent leur ville de province natale en attendant que cette vague inédite d’insécurité passe. 

On fait face à une violation à outrance du droit à la vie, un droit inaliénable. « Le droit à la vie est un droit sacré, rappelle pour sa part Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau National de Défense des droits humains (RNDDH), soutenant que l'une des missions fondamentales de l'État, c'est de protéger la vie et les biens. Donc, l'État doit garantir la sécurité des citoyens». Pour lui, c'est l'irresponsabilité de l'Etat qui est à la base de ce climat de terreur. « À la fin de 2019 et au début de l'année 2020, le kidnapping qui s'intensifiait énormément avec beaucoup de cas d'insécurité avait poussé pas mal d'étudiants.es à abandonner leurs études ou fermer leurs dossiers », informe-t-il avant de signaler que même des étudiants.es des écoles professionnelles n’en étaient pas exemptés.es. 

Une insécurité d’Etat ?

« L’insécurité qu'on a dans le pays est une insécurité d'État, puisque l’État et les bandits ne font qu’un. Par le fait que le gouvernement a des bandits pour appui; cela engendre son incapacité à freiner cette crise. L’Etat s'appuie sur les bandits et la force des autorités au pouvoir, ce sont les bandits mêmes », tranche M. Espérance tout en précisant qu’un ensemble de dérives  est à la base de l'effondrement des institutions publiques. La position de cette organisation de défense des droits de l’homme consiste à voir le pays se doter d’un État fort qui s'appuie sur la loi afin que les institutions puissent fonctionner normalement en toute indépendance et se soucier de mieux remplir leurs missions. 

« Tous les indicateurs à prendre en compte dans un État de droit sont au point mort. Aujourd’hui, l’État de droit n’existe pas en Haïti. Nous ne devons pas laisser les autorités continuer à violer nos droits. Nous devons nous révolter et nous mobiliser pacifiquement contre ce pouvoir dictatorial qui plonge le pays dans le chaos, plaide M. Espérance. La population ne doit pas se comporter comme des fantômes, mais comme des humains. Ce qui fait qu'il y a trop de deuil dans le rang de la population. Le problème du pays concerne tous.tes les citoyens.nes. Et qu'ils.elles s'unissent pour faire une révolution afin d'aboutir à un changement [réel] ». 

Révolutionner, se révolter et ne pas baisser les bras se révèlent des nécessités absolues. Et l’étudiante Natacha Joseph l’admet sans hésiter. Malgré le fait que depuis le début de la première session ses parents la pressuraient de laisser tomber ses études, elle les a toujours tenu tête jusqu’à ce qu’un jour ses répliques ne tiennent plus. La raison est simple puisque, de jour en jour, le climat d’insécurité s’intensifie et aucun de ses arguments ne peut plus convaincre sa famille. Bien qu’elle soit dans l'impossibilité de savoir quand elle va boucler ses études universitaires, Natacha ne désespère pas totalement. Aussi se projette-t-elle déjà en un 2022 plus clément, espérant, comme tout Haïtien.ne, un dénouement heureux de la crise actuelle.

« Si ce climat s’améliore, je retournerai à la fac au début de l’an 2022 en vue d’entamer ma dernière session. Il n'existe pas d'autorité au pays, l'Etat se montre irresponsable. Cette situation met beaucoup de personnes en retard dans leur projet de vie. On ne peut pas faire de projet. Pendant que d’autres pays vont de l'avant, on ne fait que reculer. On doit alors restaurer la sécurité dans le pays afin que tout le monde puisse vaquer à leurs activités respectives», estime Natacha. 

L’étudiante en a profité pour formuler des recommandations aux décideurs des pouvoirs publics. «Ces responsables doivent construire des écoles professionnelles dans les quartiers défavorisés, encadrer les enfants vulnérables vivant dans les rues afin qu'ils aient une profession en lieu et place d’aller gonfler les rangs des bandits armés. Le contrôle des ports doit être rigoureux en ce qui concerne les produits rentrant au pays quand on sait qu’Haïti ne produit ni armes ni munitions. On ne fait que les importer. On doit mettre l'homme qu'il faut à la place qu'il faut - donc des personnes compétentes », conclut Natacha. 


Fabiola Fanfan et Milo Milfort