La prison n’existe pas en Haïti. Du moins pas celle où l’on incarcère les criminels. Certes, des lieux officiels possèdent ce statut. Des lieux dans lesquels on entre et sort comme dans un moulin. Il est difficile de compter sur une main le nombre d’évasions spectaculaires de détenus. Déjà en août 2014, trois-cents prisonniers du centre de la Croix-des-bouquets avaient pris le maquis. Le Canada, qui a financé la construction, s’était lavé les mains, pointant les autorités haïtiennes. En 2016, nouvelle évasion. En mars dernier, au moins 25 personnes ont péri quand quatre-cents prisonniers ont décidé de se faire la belle.

Ce n’est plus un événement. C'est un schéma. À force de se répéter, on finit presque par s’y habituer. En Haïti, seuls les prisonniers mâles s’évadent. Ce n’est pas une donnée, mais une sélection opérée politiquement et économiquement.