L’eau. Y a-t-il plus beau, plus puissant que l’eau ? Nous sommes un pays de terres hautes et de courants furieux. Les politiques, selon qu’ils et elles sont habiles ou démagogues, ont puisé cette eau pour l’éparpiller sans rime et sans soin. Au final, l’eau retrouve toujours son cours et sa furie demeure imprévisible.

Les images du premier président rescapé d’une rivière en crue ont fait le tour d’Internet. Chacun.e y est allé.e de son petit même, son commentaire cinglant. Pourtant, parallèlement à la rivière, le président avance. La mécanique constitutionnelle ronronne. Elle produira un texte. Celles et ceux qui ne sont pas content.e.s peuvent aller au marché. C’est ce que disent les ami.e.s de nos politiques venu.e.s de l’autre côté de la mer.

Quelques personnes commencent à prêcher le dialogue. Il faut endiguer le bouillonnement, le flot boueux. Le cap incertain conduit à la fébrilité. Mais la fébrilité au milieu d’une avalanche de tensions, n’est-ce pas une goutte d’eau dans un verre ? Tout le monde parle, chacun.e s’écoute soi-même. L’autre, il avance. Ses ami.e.s veulent des élections. Il court, il vole.

Le champ est libre parce qu’il n’y a aucune idée pour faire obstacle. Les batailles sans socle idéologique sont des empoignades salutaires pour les guerriers et guerrières en mal d’action. Au mieux. Au pire, c’est le chaos, la boucherie. Qui aujourd’hui pense demain ? Quel sage réfléchit face à l’ignorance et au doute ?

En 1518, une épidémie de danse frappe Strasbourg, à l’époque ville du Saint-empire romain germanique. Pendant un mois, des femmes et des hommes dansent sans s’arrêter. Il y a des décès, mais cela continue. Depuis le temps que nos politiques courent vers le pouvoir, volent à tire d’aile, tout juste alourdi.e.s par leurs poches trop pleines. Depuis le temps que nous dansons au rythme de mille partitions insensées.Qui aujourd’hui pense au coeur des décibels enragés ?

Francesca Theosmy