Présenté comme une bible et mesurant 5.5X6.70 pouces, Urgence(s)/IJANS est le fruit de la productivité de treize collaborateurs.rices. Pendant au moins quatre ans, ces derniers ont sillonné sept départements du pays, allant à la rencontre de leurs compatriotes et saisissant leurs préoccupations, leurs émotions et leurs attentes. Résultat : une succession de textes et d’images vivaces et cohérents qui traduisent le niveau de dégradation de l’environnement haïtien. 

L’environnement haïtien fait face à des défis complexes éclipsés par d’autres problèmes apparemment plus urgents tels que l’insécurité, le chômage, l’inflation, la crise alimentaire… Faisant fi de l’indifférence générale, Kolektif 2D (K2D) veut, à travers Urgence(s)/IJANS, sensibiliser le public haïtien à la problématique environnementale. « Nous voulons croire qu’il n’est pas trop tard, que les autorités fixeront le cadre manquant, que la société civile s’agrègera pour un sauvetage in extremis du bien commun. Laisser les choses telles qu’elles sont, c’est laisser des citoyens.nes creuser leur propre tombe à la recherche d’une vie meilleure », écrit Milo Milfort, rédacteur en chef de K2D. 

En effet, le temps presse et il faut inciter les populations à sortir de leur torpeur. D’où la fameuse phrase : « Il est minuit moins deux », retrouvée en quatrième de couverture. L’objectif même de la revue Fotopaklè II est d'inciter, image après image, le lecteur/la lectrice à avoir des moments de réflexion sur son environnement immédiat et surtout, sur l’humanité en général. Ainsi Urgence(s)/IJANS est le digne successeur de Frontière(s), premier numéro de la revue qui met à nu la vulnérabilité des émigrés haïtiens à la frontière haïtiano-dominicaine. 

Aujourd’hui encore, Kolektif 2 Dimansyon veut titiller la conscience collective des Haitiens.nes, cette fois-ci en abordant le problème urgent de l’environnement. Créé en octobre 2014, K2D regroupe des journalistes, photographes et cinéastes désireux d’innover l’espace médiatique et artistique haïtien. Le collectif croit en la photographie sociale et documentaire, n’hésitant pas à l’utiliser pour vulgariser les problèmes auxquels font face ses contemporains.


Boris Edska BORDENAVE