Baseball: Quand «le rêve américain» tente encore de s’implanter en Haïti

Le baseball se pratique en Haïti à l’état embryonnaire. Sa survie dépend de l’aide internationale, principalement étasunienne, dans un contexte de mépris du public et d’absence totale d’infrastructures adaptées. La réussite de certains joueurs dominicains nourrit cependant des fantasmes bien ancrés.

 

Enquête

Port-au-Prince, HAITI, 19 août 2019 --- Il est 8h du matin. La sueur coule. Les passes, les dribbles et les dégagements s’enchaînent. La tension et la passion sont à leur apogée. Une dizaine de jeunes hommes jouent au football sur le terrain de Parc Icare à quelques encablures de la fameuse église catholique appelée Saint-Antoine de Padoue.

 

Non loin, une vingtaine d’enfants et d’adolescents s’impatientent. Ils font un va-et-vient incessant. Ils pressent leur entraineur d’aller discuter avec l’un des joueurs de foot de sa connaissance, afin de les convaincre à leur céder le terrain. Ces jeunes et enfants font tous partie de l’Eagles Baseball Club qui s’entraine habituellement ici en fin de semaine. Ils se préparent depuis plusieurs jours pour un match amical prévu à Tabarre non loin de l’Ambassade des Etats-Unis en Haïti.

 

Parc Icare est un terrain utilisé depuis des années par des jeunes des quartiers avoisinants pour jouer au football, notamment durant les périodes de vacances et fin de semaine. Mal entretenu pour la pratique du sport roi en Haïti, il reçoit également depuis un certain temps des pratiquants de baseball.

 

« Un groupe d’amis et moi nous sommes unis pour promouvoir le baseball en Haïti. Nous avons monté une association, qui est à présent affiliée au Comité Olympique Haïtien (COH)) et à la World Baseball and Softball Confederation (WBSC) », lance Gardy Cyriaque Prophète, président de l’Association Haïtienne de Baseball et de Softball (AHBS) rencontré au local du COH sur les hauteurs de Pétion-Ville. L’AHBS fait office de Fédération et gère la pratique de ces deux disciplines sportives dans le pays.

 

M. Gardy, précédemment professionnel de boxe et de judo, est à présent devenu un fervent défenseur du baseball dans ce pays des Caraïbes. « L’implantation du baseball en Haïti est quelque chose qui est déjà consacré », ajoute-t-il fièrement, revendiquant pas moins de 600 pratiquants et une quinzaine de clubs sans compter les équipes, qui les composent.

 

En Haïti, les infrastructures adéquates pour la pratique du baseball sont inexistantes, constate Enquet’Action. Souvent les terrains de foot sont transformés pour la circonstance. Pourtant, le baseball requiert des infrastructures normées.

 

Les responsables de l’AHBS se vantent d’avoir à leur disponibilité trois terrains : le premier situé au Centre Sport pour l’Espoir à Canaan, le second à l’ancien site d’aviation (Parc Jean Marie Vincent, il est impraticable et l’insécurité y est endémique), et le dernier au Ranch de la Croix-des-Bouquets.

 

« Il nous faudra intervenir pour les aménager correctement. (…) Notre association dispose des titres de propriété des terrains et n’a pas encore les moyens de procéder aux opérations d’arpentage. L’association possède aussi d’autres terrains dans la zone métropolitaine de Port au Prince et ailleurs mais les aménager constitue un véritable défi. Plusieurs donateurs ont fait la promesse de nous aider mais la concrétisation de ces promesses tarde énormément », se plaint Gardy Cyriaque Prophète, président de l’AHBS dans un article publié chez The Strike Out France.

 

Il a aussi révélé que dans la zone frontalière, l’État haïtien leur a remis, papier en main, 12 terrains pour la pratique du baseball.

 

A Jacmel dans le Sud-est d’Haïti, dans les villes frontalières avec la République Dominicaine dont Ouanaminthe, à Tabarre non loin de l’Ambassade des Etats-Unis, et à Port-au-Prince, le baseball se pratique timidement. Des clubs et des académies sont créés. Des championnats organisés. Des jeunes et des enfants sont formés par des techniciens et professionnels cubains et dominicains. Des rencontres binationales ont lieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand la République Dominicaine fait fantasmer …

 

Le baseball est fortement implanté dans la région caraïbe et latino-américaine, et en particulier au sein du pays voisin, la République Dominicaine, qui a un parcours reluisant au niveau du baseball mondial.

 

Au classement mondial de la Fédération Internationale de Baseball (IBAF en anglais) de 2018, les Etats-Unis avec 5 565 points occupaient la 2e place, Cuba la 5e avec 3 516 points, le Mexique la 6e avec 3 393 points, le Venezuela la 9e avec 2 348, le Canada la 10e avec 2 186, le Porto Rico la 11e avec 1 522 points et la République Dominicaine la 12e  position avec 1 920 points.

 

Haïti fait partie des lanternes rouges en occupant la 75e place aux côtés de Samoa Américaine 76e et la Lettonie bon denier 77e.

 

Du point de vue du président de l’AHBS, être entouré de pays faisant partie du top mondial est un stimulus positif pour Haïti. Par contre, les avancées des pays cités précédemment en termes d’infrastructures et connaissances techniques peinent à être suivis.

 

La République Dominicaine a un parcours chatoyant dans le baseball mondial- appelé chez eux « juego de pelota ». Elle a été 6e aux Jeux Olympiques de 1992, demi-finaliste dans le classique mondial de baseball en 2006. Mais aussi, 2e à la Coupe du monde de baseball en 1942 et en 1952. Elle est sortie 3e à trois reprises aux Jeux panaméricains en 1951, 1963 et 2003. A la Coupe internationale de baseball, elle a remporté la 3e place à deux reprises.

 

Le sport – hérité de l’occupation américaine de 1916 - est géré par la Ligue de baseball professionnelle de la République Dominicaine (LIDOM) depuis 1955. Le premier stade professionnel a été construit en 1946. . La République Dominicaine dispose de brillantes équipes au niveau mondial dans presque chaque catégorie et niveau.

 

En République Dominicaine, le baseball est plus qu’un sport. Il est une passion qui unit les Dominicains et Dominicaines. Pour les jeunes, il symbolise l’espoir d’un avenir meilleur. Beaucoup d’entre eux rêvent de devenir des légendes dans le baseball.

 

Plusieurs dizaines de joueurs dominicains ont fait carrière et sont devenus des stars de la Ligue Majeure de Baseball des Etats-Unis (MLB), la plus grande compétition dans la hiérarchie américaine. Elle serait la nation étrangère la plus présente dans la MLB.

 

« Haïti pourrait réaliser beaucoup plus dans le baseball que ce que les Dominicains ont pu en tirer », renchérit de son côté la Fondation Jack Brewer, une des instances partenaire de l’AHBS, dans l’incursion du baseball sur l’île.

 

Avec 5 minables points à la 75e place – dans combien de temps Haïti va-t-il pouvoir rattraper voire dépasser la République Dominicaine placée 12e avec 1 920 points au compteur ?

 

 

 

 

 

Le baseball pour séduire les Américains?

 

Haïti a connu de nombreuses tentatives d’instauration du baseball, des missions protestantes venues des Etats-Unis aux initiatives individuelles, et toutes ont échoué. D’ailleurs, Gardy Cyriaque Prophète, ayant récupéré des équipements laissés par les initiateurs, le reconnait. « Les tentatives précédentes n’étaient pas organisées. C’était l’affaire d’une personne, mais il n’y avait pas vraiment un comité structuré pour faire les suivis ».

 

Le Dr Frantz Large, ophtalmologue haïtien entreprend également une analyse. Il décrit le baseball comme un jeu intéressant, impliquant courage et précision. Il défend l’introduction du baseball en Haïti. « Toute occasion qu’on peut offrir aux jeunes d’éviter drogue et night-club est une bonne chose».

 

Par contre, il avance le blocage culturel comme frein au développement de ce sport.  « En Haïti, ce n’est pas du tout dans les mœurs. Mais, je pense qu’introduire le base-ballne serait pas une mauvaise idée. Le phénomène culturel est quelque chose de très important et l’un des grands problèmes d’Haïti est son isolement », insiste-t-il, croyant dur comme fer que le sport réunit les gens.

 

« Donc, si nous avons également comme acquis, cette discipline sportive , on peut avoir un autre type de rapport avec les Etats-Unis où il est très populaire et également avec les pays latino-américains ». Le médecin qualifie de « ridicule » l’idée assimilant ce sport à l’affirmation de l’impérialisme culturel américain, et rappelle que le baseball puise son origine à l’époque des Mayas (Mexique). « Il y avait un sport qui ressemblait beaucoup au baseball actuel. C’est de cela qu’est venu le baseball. Ce n’est pas une affaire d’impérialisme américain. D’ailleurs, il n’y a pas que les Etats-Unis qui le pratiquent – mais aussi, le Canada et la Russie ».

 

Pour sa part, le sociologue et professeur d’université Auguste D’Meza rejoint le point de vue du Dr Large et considère le baseball comme une nouvelle expression pour la jeunesse.

 

« Je scrute le baseball comme un plus pour la société. Men kounya se kijan nou pral jere l ? Si n pa ka jere sa k la anvan yo, ajoute 2 lot, se [du temps perdu]. Si n ta rive jwenn yon bon jwè la ki pèse nan baseball… Ce sont des contrats de 15-20 millions de dollars américains par année. Je ne vois pas pourquoi l’arrêter », dit-il, en encourageant toutes pratiques sportives comme arme contre la délinquance et l’oisiveté. « Par contre, c’est à nous de le contrôler pour qu’il ne se transforme pas en une forme de dépendance envers les Etats-Unis ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’illusion de la célébrité et des richesses

 

Les initiateurs du baseball en Haïti espèrent voir le pays atteindre, surpasser le niveau de la République Dominicaine, qui le pratique depuis plus de 100 ans. Ils rêvent de développer des joueurs internationaux de haut niveau, source de devises.

 

« Financièrement, le baseball est un sport qui rapporte gros. Et les jeunes qui le pratiquent ne souffrent pas. Même s’il n’atteint pas le niveau professionnel, il peut devenir arbitre par la suite. Le baseball vous apprend à compter sur l’autre et à vivre en famille », raconte l’entraineur de l’Eagles Baseball Club, Luxamar Fabrice Edouard. Il serait l’un des premiers à avoir été recruté dès le début de l’implantation post-sismique. Son club réunit environ une trentaine d’enfants et de jeunes venant de quartiers précaires de Port-au-Prince.

 

Pour sa part, Dr Frantz Large réitère les avantages à se professionnaliser dans une discipline sportive « Si vous avez des joueurs de baseball qui sont excellents, ça peut rendre le pays populaire et même y faire rentrer de l’argent. Je crois que la RD a un joueur qui est une célébrité. Le fait qu’il soit célèbre, ça rejaillit sur le pays », explique-t-il.

 

Le président de l’Association Haïtienne de Baseball et de Softball (AHBS) renchérit. « La majorité des joueurs de baseball en RD sont d’origine haïtienne. Cette discipline rapporte à la République Dominicaine – 4 milliards de dollars [américains] l’an, beaucoup plus que notre budget national – notamment dans les transferts et la vente de maillots. Ce n’est pas un jeu. Si on avait pris ça au sérieux, on aurait pu avoir des joueurs à exporter à l’étranger. La majorité des grands joueurs évoluant dans la ligue américaine, au Japon et au Canada sont des Dominicains. Et je connais beaucoup qui ont pu décrocher de juteux contrats ».

 

Manifestement,  M. Gardy regrette qu’Haïti ne se soit pas sérieusement investi dans le baseball après l’occupation américaine et déplore le manque à gagner des contrats de recrutement, qu’auraient pu offrir les Etats-Unis, le Canada ou le Japon.

 

Ainsi, les experts approchés s’accordent sur l’apport économique du baseball pour les Dominicains, qui ont consenti des investissements importants pour en faire leur sport numéro UN. Haïti a stratégiquement choisi de miser sur le football. Jusqu’à présent, les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous. Si les mêmes efforts ont été consentis pour le baseball, Haïti aurait-elle atteint le même niveau que les Dominicains? Loin de répondre à la question, M. Cyriaque dit « n’avoir pas le droit de deviner sur quelque chose qui ne s’est pas réalisé ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La greffe ne prendra pas ?

 

« Ça va être difficile. Pour moi, c’est une tentative mort-née parce qu’il n’y a aucune structure. Et le baseball est un sport qui coûte cher. Ce n’est pas un sport bon marché. Il faut l’habillement, les casques, les gants, et des gilets spéciaux. Ça coûte cher. A titre de comparaison, le handball est bien plus abordable, mais il ne fonctionne pas mieux », souligne  M. D’Méza, professeur et sociologue. « Le baseball a pris du temps avant de devenir sport d’exportation en République Dominicaine. Les disciplines sportives sont en régression en Haïti. Ça va prendre du temps. Il faudrait déjà qu’on ait des installations », juge-t-il en souhaitant bonne chance et bon courage aux initiateurs.

 

« Mwen pa kwè se yon espò k ap pran an Ayiti », complète pour sa part l’historien et médecin Georges Michel. « Ça ne correspond pas au goût des gens. Depuis 1915, cela fait 104 ans – qu’on arrive pas à nous imposer le baseball ».

 

Même les partisans de son implantation en Haïti reconnaissent les défis et les difficultés.

 

« Ce ne sera pas facile », admet Dr Frantz Large « Ayiti kanpe sou yon ravin (…) Ici, il n’y a aucune structure. Il n’y a rien du tout. Mais j’encourage des gens de bonne volonté à poursuivre. Si l’Etat veut accompagner, ok. Nous sommes dans un système où il n’y a pratiquement pas de point d’intérêt commun entre le peuple et ceux qui le gouvernent ».

 

« Notre mission, c’est de développer le baseball en Haïti, persiste et signe Gardy Cyriaque Prophète. Nous sommes obligés de trouver des moyens financiers. Nous avons contacté de nombreuses organisations aux Etats-Unis qui nous [aident] dans la recherche de fonds ».

 

Une nouvelle source de dépendance

 

Il y a un manque criant de moyens financiers et techniques. Ainsi, le baseball dépend entièrement des bailleurs et partenaires internationaux. Cubains, Dominicains et Etas-uniens en sont les principaux sponsors matériels et pécuniaires.

 

Le président de l’Association Haïtienne de Baseball et de Softball (AHBS), Gardy Cyriaque Prophète n’intervient jamais sans souligner l’apport des acteurs internationaux dans la genèse de son initiative. Lui et ses collaborateurs admettent faire face à des défis financiers majeurs. « C’est comme un stress à gérer du fait qu’il n’y a pas une assistance régulière de la part de l’Etat. On reçoit des subventions qui ne sont pas suffisantes », affirme-t-il.

 

Il avance aussi l’absence de compétences techniques au niveau local comme contrainte non négligeable. Donc, faudrait-il former des techniciens : juges, arbitres, marqueurs et entraineurs. « Pour la formation des cadres techniques, ça va prendre un peu de temps. Actuellement, on fait des entrainements avec des coaches dominicains et cubains », reconnait M. Cyriaque. En termes d’équipements et d’uniformes, l’association est gracieusement fournie par les compagnies américaines.

 

Sur un budget de 14 millions de gourdes pour l’année 2018 soumis à des organismes, la fédération n’a récolté que 400 mille gourdes. Cette somme est incapable de répondre aux besoins réels d’une véritable équipe de baseball au niveau professionnel. Avec ces 8 catégories incluant celles des enfants et des seniors, il requiert des débours importants.

 

Financer le déplacement des joueurs à des compétitions internationales au Canada ou aux Etats-Unis, payer des entraineurs, construire des infrastructures sportives ... Le modèle économique du baseball en Haïti est basé entièrement sur l’aide internationale. Les bailleurs et donateurs venant surtout des Etats-Unis peuvent décider à tout moment de ne plus continuer à soutenir ce programme, comme c’est souvent le cas. Mais les initiateurs ne veulent pas ou ne prennent pas encore conscience de ce fragile équilibre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un sport méconnu et méprisé

 

« Je ne connais rien de baseball. Je ne peux rien vous en dire. Je ne fais que regarder des enfants envoyer des bouts de choses. Ce n’est que pendant que vous le dites j’ai su qu’il s’appelle baseball », lance une passante qui s’arrête un peu pour regarder un entrainement.

 

Un autre se questionne sur la pratique de ce sport sur un terrain en si mauvais état. « Un terrain devant accueillir le baseball doit avoir certaines complémentarités. C’est ce que je vois dans les autres réalités. J’ignore tout du baseball. Mais j’ai l’habitude de le regarder à la télévision. Je ne le comprends pas du tout. Par exemple, quand le type avec le bâton frappe la balle, je n’ai aucune idée de ce que ça veut dire. Je vois les gens qui courent et s’activent à capter la balle pour la retourner », affirme-t-il. Pourtant, il dit comprendre les différents déplacements et les étapes qui se font dans le basketball. En Haïti, ce dernier est très apprécié par un petit groupe de jeunes, majoritairement des hommes qui ne ratent pas à la télévision les grands matches du championnat nord-américain de basketball.

 

Dans cette démarche d’implantation du baseball en Haïti, le public est mis de côté, de même que la construction d’infrastructures standardisées. « Ce qui importe pour nous c’est de former des joueurs pour le marché international, mais pas pour le public haïtien », soutient M. Cyriaque qui reconnait que cela prend du temps pour s’habituer à ce sport.

 

Malgré les discriminations et mépris de leurs camarades d’écoles, les jeunes amateurs de baseball se montrent passionnés. « Le plus souvent on discrimine les joueurs de baseball en Haïti. On ne connait pas assez ce sport. Je viens au club afin de concrétiser mon rêve qui est d’exceller dans cette discipline sportive. C’est pour ça que je suis le premier arrivé et le dernier à laisser le terrain, confie Lazarre Chancenor, 18 ans, sous un ton fier. Le baseball c’est mon sport chéri. Je l’adore. J’atteindrai coûte que coûte le sommet ! », explique le jeune lanceur surnommé Caméra par ses pairs pour la physionomie de sa tête.

 

Ce jeune membre de l’Eagles Baseball Club habite à Lalue au niveau de la ruelle Vaillant, quartier situé au cœur de la capitale. En dépit de l’ignorance de ce sport et de l’indifférence de ses parents, Chancenor aspire à y faire carrière. Il a rapidement appris à jouer et pratique le baseball depuis plus d’un an.

 

« Quand je parle du baseball à l’école, on me répond – Qu’est-ce que c’est le baseball ? Cela existe en Haïti ? A ce moment-là, je m’effondre. Je leur réponds : Messieurs, c’est parce que vous ne connaissez pas le jeu. Raison pour laquelle vous osez en parler en ces termes. Je leur dit que mwen menm se nan baseball pou m rive », assure-t-il tristement en jetant son regard sur ses collègues qui s’entrainent. Il n’a pas encore gagné un dollar dans le baseball, mais reste confiant. Malgré les mépris, il n’en démord pas. « Le baseball est un jeu passionnant », conclut-il.

Port-au-Prince, HAITI

+ 509 31 82 11 05

enquetaction@gmail.com

  • Blanc Icône Instagram
  • White Facebook Icon
  • White Twitter Icon
  • White Google+ Icon
Ecrivez-nous !

© 2018 by Claire&Nette