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80 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince sous le contrôle des groupes armés, selon l’ONU

Environ 80 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince est aujourd’hui sous le contrôle ou l’influence des groupes armés, estime le Bureau de Coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations-Unies dans un document titré « Note humanitaire », rendu public ce 31 mars 2023. Les gangs s’organisent de manière accrue et s’offrent des moyens technologiques avancés pour pouvoir commettre leurs actions criminelles allant d’enlèvements aux massacres.




« Depuis plusieurs mois, les groupes armés ont montré des niveaux d’organisation accrus, y compris avec le recours à des moyens technologiques avancés, tels que les drones », a révélé le Bureau de Coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations-Unies. La structure internationale ajoute que cette violence armée se traduit par des luttes territoriales, notamment aux sorties et entrées de la zone métropolitaine de Port-au-Prince (ZMPAP), et sur les axes stratégiques reliant la capitale aux différents départements.


Le phénomène des groupes armés en Haïti n’est pas nouveau. Il est apparu vers 1956. Mais leur présence et leur influence se sont amplifiées de façon exponentielle depuis 2021, en particulier depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, le tremblement de terre du 14 août 2021 et les troubles sécuritaires, socio-économiques et politiques qui s’en sont suivis.


Les enlèvements font désormais partie de la vie quotidienne des Haïtiens et Haïtiennes, tout comme les coupures d’électricité, les pénuries de carburant, les montagnes de déchets dans les rues, les vols et les attaques à main armée, ainsi que de nombreuses violations des droits fondamentaux tels que l’accès à l’éducation et à la santé.


Entre 2021 et 2022, le nombre de cas de kidnapping a plus que doublé et la tendance continue à la hausse, soutient l’organisation. Entre le 1er janvier et le 15 mars 2023, au moins 277 personnes ont été enlevées. La violence associée aux groupes armés a également entraîné la mort d’au moins 531 personnes et en a blessé 300 autres. La majorité de ces victimes ont été signalées dans le département de l’Ouest (où se trouve la ZMPAP) et celui de l’Artibonite.


« La dégradation rapide du contexte géopolitique et socio-économique en Haïti, marquée par une violence généralisée, a intensifié la crise complexe que connaît le pays », insiste OCHA voulant alerter sur l’urgence de la situation humanitaire.


Le premier trimestre 2023 a été marqué par une extension et une intensification de la violence liée aux groupes armés. Le département de l’Artibonite, le grenier à blé du pays, a également été le théâtre de violences. L’impact de cette violence armée sur la population a atteint un niveau sans précédent, avec plus de 5,2 millions d’Haïtiens et d’Haïtiennes (près de la moitié de la population) ayant besoin d’une aide humanitaire.


Cette violence associée aux groupes armés, outre les enlèvements, les séquestrations, les blessures par balle et les meurtres, a un impact humanitaire dramatique. Selon OCHA, au moins 1,5 million de personnes, soit la moitié de la population de la capitale, sont directement affectées par la violence et voient leur liberté de mouvement et leur accès aux services de base entravés.


« Cette situation a de graves conséquences sur la protection de la population haïtienne, notamment des violences sexuelles, le plus souvent à l’encontre des femmes, des filles et des garçons. Le nombre de personnes ayant besoin de protection a ainsi presque doublé en un an », soutient OCHA.


Depuis le début de l’année, au moins 93 viols impliquant des groupes armés ont été recensés par l’ONU, un chiffre bien en-deçà de la réalité, ces violences étant trop souvent sous-déclarées. Les actes de violence armée contre les écoles, y compris les tirs, les pillages et les enlèvements, ont été multipliés par neuf en un an. À cela s’ajoute le recrutement d’enfants par des groupes armés.


Les déplacements internes liés à la violence sont également en augmentation, avec un total estimé à plus de 136 500 personnes déplacées à la fin du mois de mars 2023, deux fois plus qu’en 2021, selon l’OIM. Le nombre de personnes déplacées dans le département de l’Artibonite depuis octobre 2022 approche les 8 500. Pas moins de 97 % des déplacements sont directement causés par l’insécurité croissante.


Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.

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