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Cette crise de la faim, un fardeau insoutenable pour les filles et les femmes haïtiennes

La crise de la faim qui secoue le pays et déstabilise les familles frappe de manière disproportionnée les femmes et les filles. Ces catégories, étant la première à subir les conséquences de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire, cette crise représentent pour elles un fardeau insoutenable, soutient l’ONG World Vision.



L’insécurité alimentaire qui frappe de plein fouet le pays depuis des années se renforce à chaque occasion. Cyclones, ouragans, tremblements de terre, l’épidémie de choléra, la pandémie de Covid-19… tout concourt a accentué cette faim chronique qui met le pays à genoux. Si ce fléau frappe le pays tout entier, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) révèle que les femmes et les femmes représentent beaucoup plus que la moitié des personnes tenaillées par la famine. « La situation est encore plus alarmante pour les femmes enceintes et les jeunes filles, qui font face à un risque accru de malnutrition et de mortalité », lit-on dans le rapport du mois de mars.


L’organisation souligne que celles-ci sont souvent les premières à sacrifier leur propre alimentation pour nourrir leur famille. Ce qui n’est pas sans aggraver leur propre situation de malnutrition. Selon World Vision, 23 % des femmes et 24 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique en Haïti. À en croire ce rapport, les filles se trouvant dans cette situation sont plus susceptibles d’abandonner l’école, de connaître un retard de croissance et de faire face à un risque plus élevé de maladies et de décès.


En ce qui concerne l’insécurité alimentaire, les femmes auraient beaucoup plus de pression que les hommes en ce sens qu’elles sont les principales soignantes et responsables de l’alimentation de leurs familles. Cette tâche leur impose une pression supplémentaire pour obtenir de la nourriture, avance World Vision.


Des impacts funestes sur la santé et l’éducation des filles et femmes


Par ailleurs, l’ONG précise que sur le plan sanitaire, les femmes et les filles haïtiennes sont confrontées à de nombreux risques qui peuvent entraîner des problèmes de santé comme l’anémie, retard de croissance et autres.


Dans cette catégorie, elle accorde une attention particulière aux femmes enceintes et aux mères allaitantes qui, selon elle, ont incessamment besoin de nutriments supplémentaires pour leur propre santé et celle de leur enfant. « En Haïti, seulement 15 % des filles terminent leurs études secondaires », révèle le rapport, précisant que les filles sont plus susceptibles d’abandonner l’école lorsque leur famille subit l’insécurité alimentaire. Du même coup, l’organisation précise que cette situation expose les femmes et les filles d’Haïti à un risque accru de violence sexiste, notamment des violences d’exploitation sexuelles, car, selon le rapport, elles peuvent recourir aux sexes transactionnels pour manger et satisfaire d’autres besoins.


Face au déferlement de cette crise de la faim en Haïti, World Vision recommande à ce que les acteurs investissent dans l’agriculture et la sécurité, fournir une aide d’urgence aux ménages vulnérables, renforcer la participation des femmes et des filles, investir dans l’éducation et la formation des femmes et des filles, soutenir les petits agriculteurs, renforcer les programmes de protection sociale pour les femmes et les filles. L’organisation encourage à plaider pour des changements de politiques liées aux causes et aux conséquences de cette rageuse faim.


Jean Robert Bazile


Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.

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