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Des organisations du mouvement social haïtien dénoncent la privation de l’eau

À l’occasion de la journée mondiale de l’eau, pas moins de six organisations et institutions de la société civile haïtienne ont, dans une note de presse, dénoncé la privation de l’eau par l’État haïtien.



« L’eau est un élément vital, un bien commun qui ne peut pas et ne doit pas être une marchandise ni privatisée », affirment ces organisations du mouvement social haïtien. Elles critiquent les politiques publiques des gouvernements qui, peut-on lire, sont mises aux services des mégaprojets grands consommateurs et pollueurs d’eau.


Les institutions signataires de la note exigent le respect des conventions et pacte relatif au Droit à l’eau, la nationalisation, la réparation et la modernisation des systèmes d’eau pour garantir un accès équitable à l’eau sans distinction. Elles s’alarment contre le fait qu'en mars 2023, 3 millions 300 mille Haïtiens vivent dans le besoin en eau, hygiène et assainissement.


Une situation traduisant selon elles,une violation des conventions et pactes établissant le droit à l’eau et l’assainissement, droit fondamental de la personne humaine. Les structures citent dans la note un rapport de l’ONU publié en 2017 soulignant que 42 % des Haïtiens ont un accès limité à l’eau potable et 72 % ne disposent d’assainissement adéquat.


Selon ce rapport, sur tout le territoire, seulement 12 % des ménages ont un accès sur leur lieu de résidence et, en milieux urbains, beaucoup ont recours aux services du secteur privé pour avoir accès à l’eau. Ce qui augmente les dépenses annuelles des ménages, rappellent les organisations. Dans les régions rurales, l’accès à l’eau est encore plus limité, font-elles savoir. 48 % des populations vivant en milieu rural n’ont pas accès à un point d’eau amélioré.


En se référant à l’inventaire des infrastructures d’eau potable réalisées en 2017, les signataires de la note rappellent que dans le département de la Grand’Anse, l’accès à l’eau potable est évalué à 28 % contre 52 % dans les départements Sud et Centre. Par la même occasion, ils notent que, dans le Département de l’Artibonite, l’accès à l’eau varie entre 7 % et 74 % contre un intervalle situé entre 0 % et 55 % dans la Grand « Anse.


Au regard de cette réalité où la majorité de la population meurt de soif, ces organisations du mouvement social haïtien disent regretter que le commerce privé de l’eau devienne de plus en plus florissant.


Cette note, portant la signature du Kolektif Jistis Min (KJM), du Konbit Ekolojis Sid (KES), de la Plateforme des Organisations haïtiennes des Droits Humains (POHDH), de la Plateforme haïtienne de Plaidoyer pour un Développement alternatif (PAPDA), du Konbit Ayisyen pou Lojman Altènatif (KAYLA) et consorts, tombe à un moment où le pays fait face à une sécheresse qui tenaille des pans importants de la population haïtienne.


Dans différents départements et villes du pays. Des organisations de la société civile, des représentants des autorités locales et autres particuliers, tantôt ils crient à l’aide, tantôt ils dénoncent l’accès très limité ou la privation de leurs droits à l’eau potable dans des régions du pays comme la Grand “Anse, le Sud ou encore à La Gonâve.


Jean-Robert BAZILE


Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.

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