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Des victimes du séisme du 12 janvier et de l’insécurité se côtoient dans les camps, 14 ans après la catastrophe

14 années après le tremblement de terre de janvier 2010 qui a fait plus 200 mille morts et 1,3 million de sans-abris, les victimes du séisme ainsi que celles de l’insécurité se côtoient dans les camps, dans l’indifférence totale des autorités étatiques, dénonce le Réseau national de Défense des droits humains (RNDDH) dans un rapport publié aujourd’hui.




« [Il est] inadmissible qu’il puisse exister plus de personnes dans les camps en raison de l’insécurité qu’en raison de catastrophes naturelles. Il est aussi inacceptable que les conditions générales de vie dans les sites ne poussent aucunement les autorités étatiques à agir », fustige le Réseau national de Défense des droits humains (RNDDH). L’institution qualifie cette situation de « fiasco sécuritaire orchestré par la négligence et l’impéritie des autorités étatiques ainsi que par leur connivence avec les bandits armés ».

Au cours des années qui ont suivi le séisme de 2010, les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays, ont fait de nombreuses promesses à la population en vue de l’aider à se relever dans la dignité et le respect de ses droits fondamentaux. Cependant, aucune mesure effective n’a été adoptée, rappelle le RNDDH.


« Les promesses ayant été rapidement oubliées notamment par ceux-là qui briguaient des postes électifs, les citoyens.nes ont dû se débrouiller eux-mêmes en vue de prendre soin de leur personne et de leur progéniture et en vue de construire en dur les espaces où des shelters leur avaient été octroyés, changeant, autant que possible, les abris provisoires en logis permanents », lit-on.


Entre-temps, l’insécurité qui alors était caractérisée par des assassinats, des vols et des viols perpétrés à l’encontre de la population haïtienne en général a pris une autre ampleur, avec la prolifération des gangs armés regroupés au sein de deux grandes coalitions de gangs armés à savoir le G-9 en Fanmi e Alye et le G-Pèp, dirigés respectivement par Jimmy Cherizier alias Barbecue et Gabriel Jean Pierre alias Ti Gabriel ou Gabo et basés à Delmas 6 et Cité Soleil, zone Nan Brooklyn. 


Les gangs armés volent, violent et tuent en toute impunité. Ils occupent au moins 80 % du territoire du département de l’Ouest et s’installent peu à peu dans les autres départements géographiques du pays, notamment l’Artibonite et le Centre. Ils contrôlent les grands axes routiers reliant les départements géographiques entre eux, réduisent considérablement la circulation des biens et services sur le territoire national tout en enclavant le département de l’Ouest. 


« C’est ainsi que depuis 2018, dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite, au moins 25 massacres et attaques armées d’envergure ont été recensés, occasionnant l’assassinat de plusieurs centaines de personnes, le viol collectif de plusieurs centaines de femmes et de filles, la blessure par balles de plusieurs centaines d’autres et l’incendie de milliers de maisons et de véhicules », selon le RNDDH.


La conséquence première de toutes ces séquences de violence est le déplacement massif des personnes qui vivaient dans les zones sous l’emprise des gangs. Et, comme au lendemain des séismes qui ont frappé le pays, les citoyens.nes ont dû abandonner leurs biens meubles et immeubles pour se réfugier dans des écoles, dans des églises, sur des places publiques, sur des terrains vagues, formant de nombreux camps de déplacés.es qui, localisés dans le département de l’Ouest, côtoient les sites de relocalisation des victimes du séisme du 12 janvier 2010.


Au moins 45 sites de déplacés.es en raison de l’insécurité ont vu le jour — hébergeant plus de 37 300 personnes représentant 7 460 familles. Le RNDDH recommande aux autorités de fournir assistance humanitaire, financière et psychologique à tous les déplacés.es qui se retrouvent dans les camps, sans distinction aucune et tout en tenant compte de leurs besoins spécifiques.


Également, l’ONG préconise d’assurer la scolarisation des milliers d’enfants qui sont dans les camps et qui n’ont encore jamais fréquenté l’école, depuis le début de l’année académique 2023-2024 sans oublier d’assurer le nettoyage des sites et la vidange régulière des latrines, en vue de prévenir la propagation de maladies.

« Porter l’institution policière à sécuriser les sites d’accueil en intensifiant les patrouilles aux abords et à l’intérieur de tous les camps sans distinction. Assurer le logement décent provisoire des victimes de l’insécurité, notamment celles qui se retrouvent dans des établissements scolaires, en attendant qu’elles puissent retourner chez elles », font également partie des plaidoyers de l’ONG exigeant aux autorités de créer les conditions adéquates de sécurité et de dignité en vue de permettre le retour des victimes dans leur zone de résidence, dans le respect de leurs droits fondamentaux.


« Dédommager toutes les victimes ayant perdu leurs biens lors des attaques armées et des massacres enregistrés dans le pays depuis 2018 et mettre fin à la gangstérisation du pays », plaide le RNDDH qui assure la promotion et la défense des droits humains.


Jean Robert Bazile

Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.


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