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Deux journées de conférences-débats sur l’accès à l’eau en Haïti

Des organisations et institutions de la société civile haïtienne ont organisé les 21 et 22 mars 2023 à Port-au-Prince, deux journées de conférences-débats sur la problématique de l’eau en Haïti. Ces structures ont voulu profiter de la célébration de la journée mondiale de l’eau pour aborder la disponibilité de cette ressource qui devient de plus en plus rare dans le pays.


CP: UNICEF


« Plusieurs communes dans le département du sud sont touchées par la sécheresse. À Dibois, 1re section communale de Barradère, cinq gallons d’eau coûtent entre 125 et 150 gourdes », a souligné Alermy Piervilus, secrétaire exécutif du POHDH, lors de son intervention. Pour le défenseur des droits humains, la population haïtienne n’est pas encore en mesure de jouir veritablement du droit d’accès à l’eau, un droit fondamental.


« L’accès à l’eau entre dans une démarche de plaidoirie que nous faisons pour le respect des droits collectifs et des droits socio-économiques et culturels », a fait savoir M. Piervilus, précisant qu’une mauvaise tendance veut que l’eau soit un bien économique. Une idée menaçant la disponibilité de ce bien commun. Or, a-t-il poursuivi, l’eau doit être disponible pour tous en quantité et en qualité.


« C’est à la fois l’accessibilité et la disponibilité de l’eau en quantité et en qualité qui garantit la vie de tous », a rappelé Alermy Piervilus soulignant la menace au droit à la vie que représente la marchandisation de l’eau pour la population. « Automatiquement que l’eau se transforme en marchandise, elle ne n’est plus accessible à tous et élimine par conséquent le droit à l’accès à l’eau », a-t-il ajouté, considérant cette tendance comme un crime.

Pour sa part, le Kolektif Jistis Min (KJM) dit observer que l’eau en Haïti est également sous la menace des méga projets d’exploitation minière. Selon certaines prévisions que l’organisation dit détenir, Haïti fera face à de fortes crises d’eau d’ici 2025. Déjà, elle a pu remarquer que dans le Grand Nord du pays, le problème se fait ressentir. Une région déjà ciblée par l’exploitation minière, a fait savoir Franndy Lespérance, coordonateur technique du KJM. D’après lui, la population du Grand Nord est menacée.


« Lorsque les compagnies d’exploitations minières arrivent dans un espace, elles ne viennent pas avec leur eau. Elles utilisent celle qui est disponible dans l’espace. Les 250 mille litres d’eau qu’elles utilisent par heure représentent la quantité d’eau qu’une famille aurait besoin pour 20 ans », s’est alarmé M. Lespérance.


Ces deux journées de conférences sur l’eau ont été organisé à l’initiative du Kolektif Jistis Min (KJM), la Plateforme haïtienne de Plaidoyer pour un Développement alternatif (PAPDA), le Konbit Ayisyen pou Lojman Altènatif (KAYLA), la Plateforme haïtienne des Organisations de Droits Humains (POHDH) et le média d’information et d’investigation, Enquet’Action.


À la suite de ces deux journées d’activités, les structures organisatrices ont signé conjointement une note plaidant pour la jouissance du droit d’accès à l’eau potable et l’assainissement par tous et toutes en Haïti.


Thamar Elias


Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.

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