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Dorival Recyclage, 6 ans de combat contre les déchets à Port-au-Prince

Des jeunes s’impliquant corps et âme dans la protection de l’environnement, il n’en manque pas en Haïti, un pays où de plus en plus, l’environnement se retrouve dégradé. Parmi ces jeunes, il y a ceux.celles qui font partie de Dorival Recyclage, partant depuis plus de 6 ans à l’assaut des déchets polluant l’environnement.



Reportage


Couteau et ciseaux en main, Jessy Morgan Bélizaire découpe quelques bouteilles en plastique. En peu de temps, le jeune entrepreneur de 28 ans obtient un balai qu’il dépose aux côtés des paniers, des rideaux et des verres de champagne fabriqués avec ces déchets non biodégradables. C’est le travail de tous, ici à Dorival Recyclage.


Cette entreprise collecte des déchets à Delmas, Tabarre, Pétion-Ville et dans plusieurs rues de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, pour en faire des produits utiles. Elle part à la chasse trois fois par semaine. C’est sa façon de contribuer dans la protection de l’environnement.


« Nous avons créé cette alternative pour pouvoir aider l’État haïtien dans la réduction des déchets plastiques », confie Jessy, son propriétaire. La compagnie fabrique près de 1 000 balais et 200 paniers chaque mois qu’elle vend en Haïti tout comme en République Dominique, au Chili et au Brésil.


« Les paniers que l’on fait pour mettre des fruits sont très demandés », précise Jessy Morgan Bélizaire. Durant les six années d’existence de son entreprise, Jessy a pu convaincre plus d’une vingtaine de jeunes à le rejoindre.


Des effets liés à la mauvaise gestion


Tamar Rose Jasmin fait partie de l’équipe depuis 2020. Avant de se lancer dans cette aventure, la jeune fille de 25 ans était loin d’imaginer les problèmes que pouvaient causer les déchets sur l’environnement.


« Suite aux explications de Jessy et aussi après que j’ai commencé à étudier les Sciences infirmières, j’ai pu réaliser les impacts négatifs que peuvent avoir les déchets sur la communauté et j’ai opté davantage pour ce champ », se rappelle-t-elle.


Tamar pense que cette quête qui vise la protection de l’environnement devrait être un engagement de tous les citoyens.nes du pays. Selon elle, une mauvaise gestion des déchets est à la base des inondations et de la pollution de l’air.


« Les détritus peuvent faciliter la transmission du paludisme et de la typhoïde. Ce ne sont pas les déchets en soi qui provoquent ces maladies, mais plutôt sa gestion », précise l’employée de Dorival Recyclage.

La décision de Tamar de se lancer dans le recyclage était mal vue par certains de ses amis.es qui la trouvaient trop belle pour ce genre d’initiative.


« Un ami m’avait demandé pourquoi ai-je fait un choix pareil. Je lui ai répondu qu’en agissant ainsi, je préserve ma santé et celle de toute une communauté », raconte-t-elle. Aujourd’hui, la jeune fille continue son travail et s’engage à sensibiliser davantage son entourage sur l’importance de cette lutte.


« J’invite la population à prendre part dans la gestion des déchets. Cela peut contribuer à diminuer la pauvreté dans le pays », souligne-t-elle.


De grands objectifs fragilisés par l’insécurité


Dorival Recyclage souhaite toucher près de 300 mille jeunes sur tout le territoire national d’ici 2030. Elle compte atteindre cet objectif en poursuivant les formations qu’elle réalise à travers le pays. La compagnie espère se doter d’une usine de transformation de déchets en matières utiles.


« Cela nous permettra de collecter au moins 65 % des déchets plastiques du pays », explique Jessy Morgan Bélizaire, le propriétaire. Mais la crise sociopolitique qui sévit dans le pays a grandement impacté l’entreprise.

Les affrontements entre les coalitions armées G9 et G-Pep au cours du mois de février dernier ont paralysé le travail de Dorival Recyclage à Delmas 24. La compagnie se réfugie provisoirement à Delmas 41. Une situation qui a aussi freiné l’entreprise dans son élan visant à conquérir le reste du pays.


« Il faut de la stabilité pour favoriser nos déplacements. Notre travail pourra ainsi couvrir les 10 départements », souligne Jessy, précisant que son initiative est créatrice d’emploi.


Si ailleurs Haïti est présenté comme un pays où la salubrité fait loi, l’équipe de Dorval Recyclage veut changer la tendance. « Nous voulons montrer qu’il y a un groupe de jeunes haïtiens qui luttent corps et âme pour la protection de l’environnement. Un travail positif !  », déclare le PDG de l’entreprise d’un ton ferme.


Fabiola FANFAN


Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.

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