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Edito: Après les intempéries, s’ensuivent les bilans, puis les projets bidons…

Les épisodes du séisme du 12 janvier 2010, de l’ouragan Matthew de 2016 ou encore du tremblement de terre d'août 2021, nous ont appris une bonne fois pour toutes qu’après les catastrophes naturelles, les exigences de l’heure n’ont jamais été une priorité pour les gouvernements haïtiens. Pas sûr que ce sera différent pour les 39 mille 458 familles sinistrées suite aux dernières intempéries.



51 morts, 140 blessés, 18 disparus, 39 mille 458 familles sinistrées, 820 maisons détruites, 1 625 endommagées et 31 mille 591 maisons inondées. Tel est le lourd bilan des intempéries des 2 et 3 juin, selon le dernier rapport de la Protection civile en Haïti en date du 6 juin 2023. Ces données concernent les départements de l’Ouest, du Sud-Est, des Nippes, du Centre, du Nord-Ouest, de la Grand’Anse et du Sud. Les communes de Léogâne et de Cité Soleil sont celles qui ont été les plus affectées avec respectivement 8 mille 500 et 18 mille 416 familles sinistrées. En somme, près 40 mille personnes attendent d’être secourues dans les plus brefs délais.


Deux jours avant ces récentes statistiques, soit le 4 juin, le Dr Ariel Henry a fait savoir, sur son compte Twitter, qu’il était au Centre d’Opération d’Urgence nationale (COUN) pour avoir un bilan actualisé de la situation. « Mon gouvernement, de concert avec les institutions nationales et internationales, adopte des mesures urgentes en vue de faire face aux exigences de l’heure », a-t-il écrit. Des mesures urgentes ? Certainement. Pour faire face aux exigences de l’heure ? Pas tout à fait.


Après les épisodes du séisme du 12 janvier 2010, de l’ouragan Matthew de 2016 ou encore du tremblement de terre d'août 2021, on a appris une bonne fois pour toutes qu’après les catastrophes naturelles, les exigences de l’heure n’ont jamais été une priorité pour les gouvernements haïtiens. Pas sûr que ce sera différent pour les 39 mille 458 familles sinistrées suite aux dernières intempéries. Quant aux mesures urgentes du gouvernement, d’institutions nationales et internationales, elles ne sauraient se tarder.


À l’instant même, des réunions se tiennent, des gens se mobilisent, des hôtels sont loués, des petits blancs réservent leurs vols en direction d’Haïti, des projets bidons d’Organisations non gouvernementales (ONG) sortent des tiroirs. Et bientôt, ce sera la distribution de biscuits, de sachets et de sacs de riz, de bouteilles d’eau, de vêtements usagés… Viendra aussi le temps des séances photos avec les victimes et avec ceux qui se disent autorités. Des engins lourds feront semblant de curer les rivières pour faciliter le passage de l’eau.

En un claquement de doigts, des millions, voire des milliards de dollars qui seront débloqués au nom d’Haïti et non pour Haïti s’envoleront sans justification et sans laisser de traces. Il y aura de nouveaux riches et de nouveaux dilapidateurs.


L’histoire pourra se répéter. Et dans cette tranche d’histoire qui a débuté les 3 et 4 juin dernier, des enfants disent adieu à l’année scolaire et peut-être à la prochaine. Des noms s’effacent à tout jamais de la liste de ceux et celles qui ont une maison en Haïti. Des gens intègrent contre toute attente la classe des personnes les plus vulnérables du pays.


Devrait-on noter qu’on est tout au début de la saison cyclonique qui prendra fin le 30 novembre prochain ? Ce qui sous-entend que la situation risque de s’empirer à tout moment tout en faisant au passage de nouvelles victimes. Et le plus insensé dans tout ça : nombreuses sont les personnes qui croisent les doigts pour que le pire arrive, au bénéfice des projets bidons.


Jeff Mackenley GARCON


Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.

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