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Haïti-Mandala : Un véritable désastre économique !

Amway, Profit25, Life Leadership, 5LINX, Mandala… En Haïti, les marchands.es de rêve et d’espoir se suivent, mais ne se ressemblent pas. En septembre 2019, Mandala a défrayé la chronique sur les réseaux sociaux, notamment WhatsApp et Facebook. Au nom de la liberté économique et financière, du changement de vie et des bienfaits du réseautage, des centaines de jeunes de ce petit État insulaire dit en développement se sont laissé prendre dans l’engrenage du gain facile qu’offre Mandala, une structure économique de type pyramidal.


Ainsi, ces jeunes [naïfs.ves] sont devenus.es des démarcheurs.ses de rêves. Ils.elles sont ceux.celles qui, pour la plupart, crient haut et fort à qui veut l’entendre avoir enfin trouvé la clé du succès ; ou mieux encore, celle qui permet d’échapper à l’enfer du chômage dans lequel pataugent plus de 60 % de la population. Depuis quelques mois, c’est le silence de cimetière. Le Mandala serait passé à l’orient éternel. D’ailleurs, dès le départ, un spectre de doute et d’incertitude s’était fait sentir.



Le Mandala s’est révélé un véritable désastre économique, a découvert le site d’informations Enquet’Action. La raison est simple, il n’avait aucune base solide et durable.


« De nombreux cercles n’ont pas pu obtenir le résultat escompté. Beaucoup de personnes n’ont pas reçu d’argent. Mandala était devenu boiteux en raison des informations discordantes qui circulaient », confie une Mandala qui évangélisait des dizaines de personnes sur les réseaux sociaux.


Retour sur une expérience douloureuse, qui a laissé un goût amer dans la bouche de centaines de femmes et d’hommes qui ont perdu leur argent sans avoir « aucun recours ».


Enquête



Surprenante, alléchante et séduisante… En septembre 2019, la fièvre Mandala accapare des centaines de jeunes femmes et hommes fatigués.es de vivre dans le chômage qui se fait de plus en plus endémique dans ce pays des Caraïbes. Ceci, en pleine période de « pays lock » — soulèvement populaire marqué notamment par l’enfermement systématique des populations des grandes villes chez elles voire la paralysie totale des activités.


Selon plusieurs vidéos et documents qui ont circulé sur les réseaux sociaux, notamment sur WhatsApp et relayés par des réseaux de participants.es, le terme Mandala serait d’origine hindoue et aurait pris naissance en Afrique, il y a plus de quarante ans. Il serait une pratique qu’utilisait une communauté de femmes dans un village africain en vue d’aider financièrement chaque villageois. e désirant réaliser un projet. Basée sur le don, la solidarité, l’honnêteté et la confiance, cette pratique permettait ainsi à chaque membre de recevoir un montant sous forme de don dans un court délai.


Le Mandala serait une communauté créée dans l’objectif d’aider les gens à trouver du capital économique leur permettant de concrétiser leurs projets existentiels qui requièrent de forts débours économiques et financiers. Il leur permet de gagner de l’argent dans « un laps de temps », à la seule condition de donner des frais de participation et d’inciter l’intégration de nouveaux membres jusqu’à créer un cercle ou un fractal Loomformé de huit à 15 personnes.


En Haïti, il a eu des Mandalas en gourde et en dollars américains. Et, les montants varient.


Mandala dans les faits…


Après avoir intégré le Fractal Loom, chaque participant. e, pour recevoir le don, doit suivre ces quatre étapes qu’on associe aux quatre éléments formant l’univers qui sont : le Feu, l’Air, la Terre et l’Eau. L’étape finale l’Eau permet de recevoir une somme d’argent considérée comme un don provenant de chaque participant. e.


Ainsi, chaque personne désirant intégrer un cercle doit donner sa participation et trouver deux associés pour passer à l’étape Feu. Après, les deux associés.es de ladite personne doivent à leur tour trouver deux autres associés.es. Ce qui va permettre aux quatre d’accéder consécutivement à l’étape Air puis à l’étape Terre. De cette manière, à chaque fois que deux nouveaux membres intègrent le cercle, les anciens membres changent automatiquement de statut.


Donc, la première personne qui se fait accompagner de ses deux associés passe directement à l’étape Eau, ses associés.es à l’étape Terre, puis les autres restent à l’étape de Feu. Lorsqu’on atteint l’étape Eau, on est apte à recevoir son cadeau (son argent) provenant des huit nouveaux membres qui se retrouvent à l’étape de Feu dans le cercle.


« Une fois que la personne qui se trouve au stade Eau ait reçu son cadeau, le cercle est divisé en deux autres cercles où les deux personnes qui se trouvaient à l’étape Terre passent à leur tour à l’étape Eau. Cela provoque ainsi une réformation du cercle qu’après de nouveaux membres sont admis. Toutefois, ces nouveaux membres restent à l’étape Feu jusqu’à ce que la personne qui est en Eau reçoive son cadeau parce que c’est à eux qu’il revient de le lui donner », a fait savoir Djina, une adhérente.

Selon la dynamique de la pyramide, les participants.es doivent non seulement trouver d’autres acheteurs.ses de rêve, mais aussi aller évangéliser pour agrandir leur réseau afin de pouvoir obtenir leur don rapidement. Ce serait la même structure que celle utilisée par Amway, Life Leadership, 5 LINX et Mandala. « On me rendait la vie impossible avec Life Leadership, raconte une professionnelle de la santé qui se méfie de ces structures pyramidales. A la fen, se fache m — m fache sou yo ».


Pour toutes ces pratiques, les vendeurs.ses de rêves affichent toujours le même comportement, le harcèlement de l’autre pour le contraindre à intégrer la pyramide. En cas de refus, la personne devient distante. Nombreux.ses sont ceux. celles qui disent perdre de bons.nes amis.es pour avoir refusé d’intégrer une de ces structures pyramidales.


Le Mandala : une pratique basée sur la solidarité ?


Le Mandala semble ne suivre aucune régulation, à part le fait de recevoir l’invitation de quelqu’un, de donner sa participation pour pouvoir accéder à un groupe WhatsApp, principal moyen de communication. Puis, de se trouver deux associés.es.


Selon plusieurs personnes interrogées, Mandala constituerait une sorte de « coopérative » qui œuvre pour l’accomplissement des rêves de ses adhérents.es. Cependant, contrairement aux autres formes de « coopérative », Mandala présente certaines particularités. « Mandala n’a pas vraiment un propriétaire, il revient plutôt à la personne qui est à l’étape Eau d’administrer le groupe puisque c’est lui qui récupère le don », a fait savoir Jac, un autre participant au Mandala.


Le montant de participation au Mandala diffère d’un Fractal Loomà un autre. Il existe des Fractal Loomoù les frais de participation varient entre 1000 gourdes à 5000 gourdes. Et d’autres, où le montant est fixé entre 180 à 700 dollars américains. « Cela dépend de l’espérance ou du besoin de chacun », a insisté Karlie, une non-participante.


À côté de cela, il y a certaines personnes qui peuvent être membres de plus d’un cercle. Il arrive une certaine fois qu’un Mandala (nom attribué également aux participants.es) intègre un autre Fractal Loom pour lui venir en aide. Quand cela arrive, la personne doit donner sa participation, puis elle sera placée à l’étape de Feu dans l’autre Fractal Loom. De même qu’une personne qui se trouve en Eau dans un Fractal Loompour faire avancer celui-ci peut réintégrer le même Fractal Loom à titre de Feu.

« L’exception à cette règle est le fait que cette personne n’aura plus le même statut à la réformation du nouveau cercle », raconte Sandie, une Mandala qui dit avoir reçu son cadeau.


Par ailleurs, le mode de paiement varie d’un Fractal Loomà un autre. À cause du pays lock pays bloqué), les moyens de transaction utilisés ont été, le Mon Cash (transfert d’argent tourné autour d’un compte créé sur son portable) considéré comme plus pratique et les maisons de transfert. Cependant, en temps normal, le dépôt à la banque serait tout aussi acceptable.


« La réception du cadeau dépend de la capacité des participants.es à trouver des associés.es. Ainsi, il se peut qu’une personne reçoive son cadeau dans deux ou trois jours et parfois dans une semaine, cela dépend du dynamisme dont font preuve les participants.es », a signalé Jac.


Ce qui semble certain, c’est que certains.es adhérents.es ont reçu leur don. Ce qui n’est pas garanti à tous.tes les participants.es en vertu de leur position au niveau de la pyramide. Ce qui est sûr, c’est que tous.tes n’ont pas perçu leur don. D’ailleurs, c’est impossible. Une véritable catastrophe !


Les risques et dangers de Mandala


Dans une vidéo d’une durée de 19 minutes qui a tourné en boucle sur les réseaux sociaux durant plusieurs semaines, deux jeunes répondant aux noms de Jean Emmanuel Fouché et Alphonse Bien-Aimé ont tiré la sonnette d’alarme en affirmant que Mandala n’est autre qu’un camouflage du système de Ponzi.


Sur chaque 100 personnes inscrites, il est probable que seulement sept d’entre elles reçoivent le don, prédisait Alphonse Bien-Aimé. Ils ont par ailleurs souligné que plusieurs cas similaires ont été découverts dans des pays de l’Amérique latine, notamment en Uruguay, au Mexique, en Argentine et au Chili pour ne citer que ces pays-là.


Tenant son nom de l’italien Carlos Ponzi, le système de Ponzi est un montage frauduleux ayant pour but de rémunérer les investissements des clients.es essentiellement à partir des investissements de nouveaux membres. Étant une forme d’escroquerie, cette pratique prend fin dès lors que les fonds des nouveaux membres ne suffisent plus pour couvrir la rémunération des clients.es.

Depuis sa première utilisation en 1919 par Carlos Ponzi, ce système a été repris plusieurs fois par de grandes entreprises ainsi que par des hommes d’affaires à travers le monde. Et dans le cadre de son usage, plusieurs cas d’arrestations ont suivi, notamment celui de Bernard Madoff en 2008 et celui d’AllenStanford pour ne citer que ceux-là.


Le système de Ponzi a servi d’appât à plusieurs hommes d’affaires un peu partout dans le monde et notamment en Amérique du Sud. Plusieurs dénominations sont utilisées dépendamment du pays pour le désigner. Ainsi, en 2016, il a été découvert en Argentine sous le nom de « fleur de l’abondance », en 2008 en Uruguay sous l’appellation de « The Bubbles », en 2009 au Pérou sous le nom de « Gagnez ce que vous investissez huit fois » ou « Pas besoin d’argent pour gagner de l’argent », puis deux fois de suite au Chili notamment en 2008 et en 2016 où il s’est fait appeler « Mandala ».


Depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010, un flux d’Haïtiens.nes ont laissé le pays pour aller vers d’autres rives et parmi ces dernières, le Chili a été le pays le plus convoité par les immigrants haïtiens, après le Brésil et la République dominicaine. « Le dernier pays où il a été désigné sous le nom de Mandala est le Chili. Compte tenu du nombre d’Haïtiens.nes qui vivent là-bas, il est probable que le Mandala nous vienne du Chili », a relaté Jean Emmanuel Fouché.


Interrogé.es ainsi sur l’origine du Mandala en Haïti, plusieurs participants.es et non participants.es ont déclaré n’avoir entendu parler de ce dernier que durant la période du Pays lock (septembre, octobre et novembre 2019).


Entre méfiance et incertitudes


Ils/elles ont été nombreux.ses les participants.es invités.es soit par un. e ami. e ou un membre de la famille Mandala. Cette personne doit être toutefois quelqu’un de confiance sinon les gens ne répondront pas à l’appel. « L’une des plus grandes difficultés rencontrées dans le Mandala est la partie où l’on doit convaincre les gens à intégrer le Fractal Loom. Plusieurs d’entre eux estiment qu’il paraît trop facile de se faire autant d’argent en si peu de temps », a relaté Sandra, une autre adhérente du Mandala.


Toutefois, elle n’est pas la seule à avoir fait face à cette difficulté. « Il est normal qu’une personne soit méfiante en intégrant le Mandala, car il arrive souvent que dans un Fractal Loom personne ne connaisse personne à part celle qui l’a invité. Cependant, si on fait confiance à la personne qui nous a invités, et si cette personne s’est fait inviter à son tour par quelqu’un qui lui inspire confiance, je ne crois pas que les participants.es allaient être trop méfiants », renchérit Djina.


Le Mandala représente un cercle qui s’étend à l’infini. D’où, le plus grand risque de ce dernier lorsqu’il n’y aura plus personne(s) qui veut (lent) adhérer, les nouveaux. elles participants.es risquent de tout perdre et il leur sera difficile de récupérer leurs frais de participation puisqu’ils s’avèrent être un don.


Toutefois, cela dépendra de la bonne foi de celui ou de celle qui est au centre, et là encore, il faudrait que le premier cercle ne soit pas déjà divisé.


« Le plus grand risque qui existe dans le Mandala, c’est que le cercle doit toujours être en marche parce qu’il ne constitue pas un cercle fermé. Immédiatement que la personne qui se trouve à l’étape Eau reçoit son cadeau, le cercle est scindé en deux autres. De plus, il faut qu’il y ait de nouveaux membres pour que les autres participants.es du cercle initial changent de statut », confie Karlie.

Par ailleurs, à mesure que se multiplient les Fractals Loom, la probabilité que tous.tes les participants.es reçoivent leurs dons diminuent parce que sur chaque quinze personnes formant un Fractal Loom, seulement une personne arrive vraiment à récupérer le don. Ce qui fait que les pratiques comme le Mandala ne durent pas plus que deux à trois mois. Car plus les Fractals Loomse forment, plus il deviendra difficile de trouver de nouveaux participants.es.


De plus, avec un taux d’intérêt de 700-800 %, le Mandala représenterait plus qu’une fraude. Plusieurs dizaines de personnes ont perdu toutes leurs économies.


En outre, en cas de litige, il se révèle difficile de retrouver le véritable initiateur et il est probable que les dernières personnes inscrites ne reçoivent jamais leur don.


Ces pratiques ne vont pas sans conséquences quand on sait que plus de la moitié de la population haïtienne est essentiellement jeune et patauge dans une misère la plus abjecte.


« Le symbole du Mandala n’est pas vraiment un cercle. Il ressemble plutôt à une étoile à cinq branches. On dirait même le symbole des francs-maçons. En tout cas, c’est de cette façon que je le vois. C’est l’une des raisons pour laquelle je ne l’ai pas intégré. Non seulement parce qu’il s’étend à l’infini, mais aussi parce que je me rends compte que tôt ou tard Mandala allait créer un conflit en Haïti », a déclaré Karlie.


Tenant compte de son origine africaine, certaines personnes interrogées partagent l’avis que le Mandala se base sur des pratiques spirituelles. Et entretient également des rapports étroits avec le mysticisme.


« Mandala n’a rien de spirituel ni de mystique, c’est une pratique frauduleuse que l’on assimile à la spiritualité dans le but de convaincre les gens qui sont spirituels. C’est pour cela qu’on le maquille souvent avec des thèmes sensibles tels que le cancer, la lutte pour le respect des femmes, dans le seul objectif de sensibiliser les gens afin de les faire tomber dans le piège », a répliqué Jean Emmanuel Fouché. « Une fraude reste une fraude. Et la justice condamne toute fraude. Donc le Mandala est illégal ».

Par ailleurs, selon les témoignages recueillis, plusieurs qualificatifs tels que fraude, escroquerie, « sabotage amélioré » ont été attribués au Mandala. Toutefois, le qualificatif le plus répété demeure l’escroquerie. « Mandala représente une forme d’escroquerie. Il ne procure rien de bon. Ce n’est qu’un moyen utilisé pour abuser la confiance des gens », argüe Marc Edouard Lafortune, juriste et avocat au Barreau de Port-au-Prince.


Chronique d’une catastrophe annoncée…


De tels systèmes ont déjà fait des ravages en France en 2017 et au Québec en 2019. Dans chaque pays où il a fini de provoquer des séismes économiques, il change de nom. Par exemple, en France, il est connu sous le nom de cercle d’abondance et au Québec sous le nom de Cercle de dons ou tisseuses de rêves. Partout c’est la même technique, l’espoir de toucher 8 fois la somme investie et amener deux personnes. https://www.planet.fr/actualites-le-cercle-dabondance-la-nouvelle-arnaque-qui-peut-vous-faire-perdre-plusieurs-milliers-deuros.1646907.1557.html


En France, c’était 10 mille euros la mise. Au Québec où on visait surtout les femmes, il s’agissait d’une mise de 2 mille dollars. Dans ces différents pays, ce système attrayant est illégal. Il est qualifié comme de l’escroquerie punie par la loi. En France, des personnes ont été déjà arrêtées. En Australie, le gouvernement eut à mettre en garde sa population contre un groupe similaire qui s’appelle Gifting Mandala. En Haïti, les autorités sont muettes.


À l’étranger, le système s’est développé dans la clandestinité alors qu’en Haïti, il est fait ouvertement.


Selon les prescrits de l’article 337 du Code pénal haïtien, l’escroquerie se définit comme suit : « Quiconque, soit en faisant usage de faux noms ou de fausses qualités, soit en employant des manœuvres frauduleuses, pour persuader l’existence de fausses entreprises, d’un pouvoir ou d’un crédit imaginaire, ou pour faire naître l’espérance ou la crainte d’un succès, d’un accident, et tout événement chimérique, se sera fait remettre ou délivrer des fonds, des meubles, ou des obligations, dispositions, billets, promesses, quittances ou décharges, et aura, par un de ces moyens, escroqué ou tenté d’escroquer la totalité ou partie de la fortune d’autrui, sera puni d’un emprisonnement d’un an au moins et de trois ans au plus ».


L’un des moyens utilisés pour inciter les gens à intégrer le Mandala, est l’espérance à laquelle on les fait croire que ce dernier peut leur permettre de gagner de l’argent dans un laps de temps et sans trop de peine. Soit, 8 fois l’investissement consentit.

En Haïti, les systèmes comme Amway, 5 LINX, Profit25, Mandala et Life Leadership sont très populaires particulièrement à cause de la situation de pauvreté qui règne au sein de la population. Plus de 78 % des Haïtiens vivent dans la pauvreté et près de 53 % vivent dans l’extrême pauvreté, selon la Banque Mondiale.


Les réseaux comme le Mandala font croire aux gens qu’ils peuvent facilement gagner de l’argent et sortir de la pauvreté. Ce qui est absurde. Cependant, les conséquences se sont avérées très graves parce que les personnes qui sont pauvres le deviennent encore plus en perdant toutes leurs économies. Certains parlent même de catastrophe, de déception et de regret.


« De là, ils. elles seront de plus en plus frustrés.es parce qu’on leur vend un rêve auquel ils. elles s’accrochent : celui de devenir riche », a expliqué l’économiste Saïd Abdel Khadek Suire qui croit que les pratiques comme le Mandala n’apportent aucune valeur ajoutée à l’économie des pays où elles s’exercent, à part le fait qu’elles servent à vendre aux citoyens.nes des rêves imaginaires.


Contrairement, au système bancaire, aux activités de coopératives et aux jeux à l’instar de la loterie, le Mandala serait une pratique méconnue par l’État haïtien.


Ainsi, à un moment où la pratique est en perte de vitesse et où des dizaines de personnes qui se sont investies ont perdu leur argent, quel recours possible ?


Au même titre que les cercles d’abondance, Mandala constitue une véritable organisation criminelle pour certains. Au Canada, être membre d’une organisation pyramidale constitue une infraction criminelle, rapporte La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/201908/06/01-5236508-des-groupes-daide-frauduleux-ciblent-des-femmes.php


Quel recours pour les victimes ?


Face au caractère hermétique du système pyramidal, est-il possible de retracer les potentiels coupables impliqués dans ces litiges ? Des personnes victimes vont-elles intenter des actions en justice ?


« Il y a eu des scandales. En raison des difficultés de trouver de nouveaux membres, le système s’est effondré », confie une source requérant l’anonymat qui admet que les personnes qui ont perdu leur argent n’ont pas pris la mesure des risques encourus. Ils étaient obnubilés par l’idée qu’en dépensant seulement 180 dollars américains ils peuvent récolter 1 440 dollars américains sans pour autant travailler à faire beaucoup plus de disciples ». La quantité de personnes qui ont pu gagner cette forte somme est minime.


Cette source qui faisait partie des recruteurs de membres pour des fractals admet que ses pairs ne présentaient que les avantages aux personnes convoitées. Notre enquête nous a permis de découvrir que de nombreuses disputes sont éclatées dans les groupes WhatsApp après la banqueroute de cette pratique pour le moins illégale.


« Dans un groupe WhatsApp dédié aux membres, depuis un certain temps — on n’en parle plus. Les membres ne font que partager des versets bibliques », raconte une personne interrogée — faisant partie d’un groupe sans pour autant participer au fractal.


Considérant qu’il était stipulé qu’il s’agissait de dons, la justice haïtienne peut-elle poursuivre ceux et celles qui ont pu faire leur beurre en partant avec leur pactole alors que d’autres sombrent dans la perte ? Va-t-elle le faire ?


Des relations sentimentales et amicales ont été brisées. Des centaines d’Haïtiens.nes en Haïti, en République dominicaine, Chili et Brésil ont perdu leur avoir… Des rêves sont détraqués. Des élèves et étudiants ont perdu leurs frais de scolarité. Pourquoi les autorités restent bouche bée face à une telle catastrophe économique ?

Mais, où sont passés les centaines de Mandalas qui n’ont pas eu le courage de dire aux gens qu’il est impossible que tout le monde reçoive leur mise et que ces cercles vicieux finissent toujours mal ?


Où sont les adeptes de Mandala qui harcelaient à tout bout de champ des dizaines de centaines de personnes pour les convaincre à intégrer des cercles ? Pourquoi ce silence de cimetière depuis quelques mois autour de Mandala ? Pourquoi, brusquement, les innombrables documents en circulation ont disparu ?


Si Mandala constitue le plus récent des rêves économiques effondrés des haïtiens.nes, il n’en demeure pas l’ultime. D’autres s’ensuivront. Il ne reste que d’attendre… dans un pays où les gens croient en l’argent facile.

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