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« La situation écologique est alarmante »

La deuxième journée du sommet international de la finance s’est déroulée, ce mardi 18 avril 2023 à Port-au-Prince, en présence de différents acteurs et personnalités de la société venus discuter de l’écologie et de la finance. La problématique environnementale du pays était au cœur de l’un des panels qui a réuni des spécialistes de la question au cours de cette journée riche en activités.



« La situation écologique est alarmante. Les semaines précédentes, nous avions eu à faire face à une situation au cours de laquelle nous avions perdu de nombreux arbres dans des forêts du pays à cause des feux de forêt. Ce qui [nous] ajoute de nouveaux problèmes », a déclaré Raoul Vital, directeur de l’Observatoire national de la Qualité de l’Environnement et de la Vulnérabilité (ONQED) du ministère de l’Environnement qui intervenait au cours de la deuxième journée du sommet aux côtés de Dr Rénel Delusca autour de la thématique « Financer l’écologie en Haïti : défis et opportunités ».


Même s’il n’existe pas un inventaire national sur la situation de la couverture végétale du pays, avec des chiffres disponibles et les constats, la situation paraît inquiétante. « Les mornes sont déboisées. Tout ceci a causé des problèmes sociaux et économiques », a poursuivi M. Vital, rappelant que le déboisement a des conséquences néfastes sur l’environnement. Il a fait état de l’inondation auquel le pays fait face à chaque fois qu’il pleut - soulignant de surcroît que la dégradation de l’environnement peut occasionner des maladies en raison de la contamination de l’eau.


Raoul Vital soutient aussi que l’aménagement du territoire se fait en désordre. Ainsi, il y a des espaces qui devraient être réservés pour l’agriculture, mais malheureusement on y construit de façon anarchique. Une situation qui réduit les espaces agricoles alors que la population ne fait qu’augmenter.


« C’est un sujet qu’on devrait prendre à cœur et sur lequel doivent être faites des réflexions sérieuses dans tous les niveaux de la société », souligne-t-il. L’exploitation responsable des ressources est primordiale dans cette lutte, car les ressources existent pour assurer le bien-être des humains. Cette exploitation devrait nous permettre à la génération presente et future de vivre, car ce sont tous, les logiques du développement durable. « La question de l’environnement c’est la carte de vie et quand vous dégradez la carte de vie, vous menacez votre vie », a fait savoir Raul Vital.


De son côté, Dr Renel Delusca croit que le changement climatique ne pourrait être ignoré quand on parle de développement durable. « Le changement climatique aggrave les problèmes socio-économiques que connaît le pays. Donc, c’est un problème sociétal qu’on devrait prendre à cœur », indique le membre du panel consultatif indépendant auprès du conseil d’administration du fonds vert pour le climat.


C’est aussi la responsabilité de la société civile d’attirer l’attention des citoyens sur les graves dangers que representent des constructions dans les montagnes et dans les zones côtières, pense-t-il. Selon lui, les mauvaises utilisations de ces zones auront un coût économique. Ce qui explique le fait que des mesures doivent être prises pour freiner l’empiétement des constructions anarchiques. « Dès que la situation écologique d’un pays fonctionne mal, son économie a toujours tendance à traîner aussi », soutient-il.


Il existe trois documents qui abordent le financement du changement climatique. Ces documents sont : la Politique nationale de lutte contre le changement climatique et la contribution déterminée au niveau national et le plan national d’adaptation au changement climatique. « Ces documents montrent les besoins de financement pour les actions climatiques en Haïti. L’action climatique c’est à la fois pour financer l’adaptation, l’atténuation et renforcer la capacité », explique Raoul Vital.


Selon les évaluations du plan national d’adaptation, le besoin de financement pour l’ensemble des actions est fixé à 980 millions de dollars américains de 2022 à 2030, a informé le directeur d’ONQED « Étant donné que le financement est très difficile dans le pays, c’est pourquoi nous devons compter sur le financement endogène », informe M. Vital.


Fanfan FABIOLA


Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.

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