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Plus de 400 personnes tuées ou portées disparues dans pas moins de 8 attaques armées en Haïti

Plus de 400 personnes ont été tuées dans pas moins de 8 attaques armées entre novembre 2022 et 24 avril 2023, révèle un rapport publié ce lundi par le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). L’ONG de promotion et de défense des droits humains exige des autorités étatiques des explications face à l’intensification ces derniers mois des attaques armées contre la population civile haïtienne.


Des déplacés sur un site à Delmas 103. CP: Pierre Fromentin/MSF


Depuis le début de l’année 2023, les raids, attaques armées sporadiques et massacres contre la population haïtienne s’intensifient dans le pays, notamment dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite, occasionnant entre autres l’assassinat de plusieurs centaines de personnes et le viol collectif de plusieurs dizaines de femmes et de filles, informe le RNDDH dans un document publié ce lundi.


Plus d’une cinquantaine de zones ont eu à faire l’expérience d’attaques armées depuis le début de l’année, selon les informations avancées par l’ONG. Beaucoup de ces zones sont antérieurement réputées paisibles dans le passé. « Les bandits armés prouvent si besoin en était, qu’ils opèrent où ils veulent et qu’ils prennent le contrôle de toutes zones qui les intéressent », poursuit le rapport.


La dernière attaque armée en date est celle perpétrée dans la nuit du 23 au 24 avril 2023, à Debussy, au haut de Turgeau, dans la commune de Port-au-Prince. Cette situation a servi de prétexte au Réseau national de défense des Droits Humains (RNDDH), pour revenir sur ces différents événements sanglants.

Entre le 28 février et le 5 mars 2023, Bel-Air a été le théâtre de violents affrontements armés entre les gangs armés membres du G-9 an Fanmi et Alliés et le gang de Bel-Air, respectivement dirigés par Jimmy Cherizier alias Barbecue et Kempès Sanon. Au cours de ces heurts, 148 personnes ont été assassinées ou sont portées disparues.


Trois personnes sont sorties blessées par balles. Au moins 62 maisons ont été incendiées et 26 autres maisons ont été pillées et/ou incendiées. Au moins deux femmes ont été victimes de viols collectifs.


Du 14 au 19 avril 2023, des affrontements armés dans plusieurs quartiers de Cité Soleil ont occasionné l’assassinat d’au moins 70 personnes. Une quarantaine d’autres ont été blessées par balles ou à l’arme blanche. À date, le bilan exhaustif de cette énième attaque dans la commune de Cité Soleil ne peut être établi.

Le bilan le plus complaisant des raids menés depuis le 19 avril 2023 à Source Matelas, fait état d’au moins une centaine de personnes assassinées dont plusieurs étaient emprisonnées dans les maisons auxquelles les bandits armés avaient mis feu et de dizaines de personnes blessées par balles.


Le RNDDH dit condamner avec véhémence le climat de terreur instauré et maintenu dans le pays par ceux-là même qui doivent protection à la population haïtienne. Il est clair que les bandits armés, protégés par la coalition politique au pouvoir, selon l’organisation, ont reçu carte blanche pour s’en prendre à la population civile livrée à elle-même.


« À ce stade, la politique du mutisme du gouvernement de facto n’est plus de mise », poursuit l’ONG qui assure que les autorités étatiques doivent des explications à la population haïtienne sur l’intensification de ces attaques armées simultanées et les mesures prises en vue de ramener l’ordre dans le pays en général, et dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite en particulier.


Ces explications sont d’autant plus obligatoires que les dispositions qui avaient été prises de février à octobre 2022 par les autorités policières, en vue de circonscrire les gangs armés dans leur fief, ont été annulées. En effet, immédiatement après que la PNH eut reçu de la communauté internationale — particulièrement des États-Unis — des équipements et des véhicules, il avait été décidé d’occuper et de contrôler le territoire de manière à circonscrire les gangs armés dans leur fief, rendant difficiles leurs déplacements.


« Aujourd’hui, c’est justement la révocation par les autorités étatiques, de ce plan de contrôle stratégique mis en place par la PNH, qui permet aux gangs armés de contrôler totalement la zone métropolitaine de Port-au-Prince », soutient le RNDDH.


Dans le document, l’institution de droits humains rappelle que les droits à la vie, à la sécurité et à la propriété privée sont garantis par la Constitution haïtienne et par différents instruments régionaux et internationaux de protection des Droits Humains, ratifiés par Haïti. Des droits que l’État haïtien semble de plus en plus négliger.


Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.


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