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Stecie Guerrier, la jeune capoise s’engageant dans la lutte pour l’émancipation des femmes

Comment parler de jeunes femmes s’impliquant dans l’action sociale dans le nord du pays sans évoquer le nom de Stecie Guerrier ? Originaire de Anba Bannann, localité de Cap-Haïtien, cette militante féministe continue de s’engager dans les activités pouvant changer sa communauté. En 2021, elle a créé Entr’Elles, une structure féministe luttant, entre autres, pour l’équité de genre et l’autonomie des femmes. Enquet’Action l’a rencontré.



Stecie Guerrier a effectué ses études primaires au Collège Notre-Dame-de-Lourdes et ses études secondaires au lycée Philippe Guerrier du Cap-Haïtien. Passionnée par le verbe, elle a d’abord entamé des études en communication et en journalisme. Ensuite, la jeune capoise a intégré l’Université Polyvalente d’Haïti (UPH) pour étudier la Gestion. Elle est sortie lauréate de sa promotion. De toutes les cordes que Stecie a à son arc, c’est par son chapeau de militante féministe qu’elle se distingue le plus. En 2018, cet engagement lui a valu le titre de responsable de la cellule des jeunes au sein de l’Asosyasyon Fanm Solèy Dayiti (AFASDA). Stecie a ensuite été nommé responsable de communication de cette structure basée dans le nord du pays. « C’est cette organisation qui a développé en moi le gout pour la militance féministe », nous révèle-t-elle.


Une activiste née ?


Il faut remonter jusqu’au lycée pour voir les premières traces de l’engagement de Stecie pour la gent féminine. « Je participais toujours aux activités qu’on organisait. Je me suis dit que tout ce qu’un homme peut faire, une femme le peut également », se souvient-elle. La jeune activiste soutient que c’est l’essence même du féminisme. « En Haïti, des gens pensent que le féminisme est une histoire de lutte de femmes contre les hommes. C’est une mauvaise compréhension et un manque de formations sur le sujet », analyse la jeune féministe. Et pour apporter sa contribution dans cette grande lutte, la jeune capoise a créé l’organisation féministe Entr’Elles en 2021. L’objectif : unifier les femmes. La structure plaide pour le respect des droits des femmes et leur émancipation. « Nous donnons des formations sur l’entrepreneuriat, le leadership, le réseautage et le renforcement de la capacité. Nous formons également les femmes sur les violences basées sur le genre (VBG) notamment », nous fait savoir Stecie, soulignant que l’autonomie des femmes y dépendent grandement.

À travers Entr’Elles, Stecie souhaite que sa communauté puisse réaliser des travaux que les pionnières du mouvement féministe en Haïti n’ont pas eu le temps de réaliser. « Je suis bien consciente que ce n’est pas la même génération. Nous devons éduquer beaucoup de personnes pour y arriver », reconnaît-elle. Quoique faisant face à un problème de financement, Entr’Elles use de ses ressources humaines pour avancer. « J’ai proposé l’idée que chaque membre de l’organisation donne une cotisation pour la réalisation de nos activités », souligne Stecie, la coordonnatrice. Outre le problème d’argent qui nuit à la lutte que mène Entr’Elles et les autres organisations féministes, Stecie voit l’impunité comme le fléau à combattre pour parvenir au respect total des droits des femmes. « Avec l’impunité dans le pays, un bourreau peut aller en prison aujourd’hui et être libéré demain. Et vous, qui êtes dans cette lutte, devenez immédiatement sa cible », regrette-t-elle.


Une personne distinguée dans sa communauté


L’originaire de la cité christophienne était parmi les dix personnalités qui ont marqué l’année 2022 dans le nord du pays. Une distinction qu’elle a déjà reçue en 2020. Stecie est vue par plus d’un comme une personne très engagée, fougueuse et équipée d’un grand sens de leadership. En dépit de ses faibles moyens, elle continue d’aider les enfants de Anba Bannann, le quartier populaire qui l’a vu naître et grandir, à aller à l’école en leur donnant des kits scolaires. Elle réalise également des levées de fonds pour aider davantage d’enfants. « Je contacte, en ce sens, les gens de la zone qui sont plus ou moins aisés et aussi ceux qui vivent à l’étranger et qui sont originaires de Anba Bannann », nous explique Stecie.


Pour les vacances d’été de 2022, Stecie a lancé le Camp d’Été pour Enfant (CEE). À travers cette initiative, une vingtaine d’enfants et d’adolescents.es ont été formés en décoration, macramé et crochet. Et ce sont les membres d’Entr’Elles qui s’en sont chargées.


Fabiola Fanfan


Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.

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