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Édito : Conférence internationale sur l’eau 2023, avec ou sans Haïti, quelle différence ?

Une fois de plus, à la tribune des Nations Unies, Haïti comptera sur les autres pour parler de ses problèmes. Pour notre gouvernement qui ne gouverne rien, tout est certainement sous contrôle. Tout va très bien, Madame la marquise !


Par Jeff Mackenley GARCON


La 30e célébration de la journée mondiale de l’eau est pour aujourd’hui, 22 mars. L’Organisation des Nations-Unies (ONU) a retenu, pour l’occasion, le thème : accélérer le changement. Une façon pour l’organisme international de rappeler comment il est urgent de résoudre la crise de l’eau qui affecte près de 4 milliards de personnes à travers le monde.


De plus, le sixième Objectif de Développement durable (ODD), adopté par l’ONU en 2015, plaide pour un accès à l’eau propre et à des services d’assainissement pour tous d’ici 2030. Cette journée est l’occasion pour l’ONU de lancer la conférence sur l’eau qui se tient du 22 au 24 mars à New York. Représentants de gouvernements des pays membres, organismes internationaux, structures nationales responsables de l’eau feront le point autour des problématiques liées à cette précieuse ressource. Histoire d’accélérer le changement.


Haïti ne fera pas partie des pays organisateurs des événements parallèles (virtuels ou en présentiel) prévus pour l’occasion. Pareil pour les quatre événements spéciaux de haut niveau. Peut-être que nos responsables interviendront dans l’une des six séances plénières. La dernière fois, Jean Victor Généus, ministre haïtien des Affaires étrangères, assurait que tout était globalement sous contrôle avant de faire une volte-face spectaculaire. Peut-être que le problème de l’eau l’est aussi aux yeux du gouvernement, qui sait. Pas à Martissant en tout cas. Ce territoire perdu.


De l’autre côté de l’île, il y a moins d’incertitudes. Miguel Ceara Hatton, ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles de la République dominicaine, co-présidera le dialogue interactif : l’eau pour la santé : accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, prévu pour l’occasion. Un choix reflétant un pays réellement engagé dans cette quête d’accélération du changement.


M. Hatton parlera certainement de nous. Proximité oblige ?! Croisons les doigts pour que Tigomye, localité de la commune de Cabaret (entrée nord de Port-au-Prince), soit évoquée. Les 450 familles de cette zone n’ont droit qu’à une rigole en guise de point d’accès à l’eau. À Gwomang (Point-à-Raquette), certaines personnes doivent marcher jusqu’à cinq heures pour en avoir quelques gouttes. Dans le département du Nord-Ouest, les sources tarissent. On se tourne vers les rivières pour ne pas mourir de soif. Dans la Grand’Anse et le Sud, la situation empire. Dans l’Ouest, le prix des camions d’eau, commerce très florissant, explose.


La Direction nationale d’Eau potable et de l’Assainissement (DINEPA) peine à satisfaire toute la population haïtienne. Jusqu’à juin 2022, seulement 55 % des ménages du pays ont eu accès aux services basiques d’eau potable. Le récent rapport du Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA) fait état de 3 millions 300 mille haitiens.nes vivant dans le besoin en eau, hygiène et assainissement.


Une fois de plus, à la tribune des Nations Unies, nous compterons sur les autres pour parler de ces problèmes, les nôtres. Une fois de plus, nous comptons sur l’aide internationale en cette décennie (2018-2028) internationale d’action « l’eau et le développement ».


À travers le monde, pied sur l’accélérateur, on essaie d’allier développement durable et gestion intégrée des ressources en eau. Nous, nous attendons à la gare pour pouvoir embarquer dans cette aventure alors que nous sommes complètement à l’opposé du chemin.


Ce projet est réalisé avec le soutien de l’IFDD/OIF.


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