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Assassinat de Jean Léopold Dominique : 23 ans après, poursuite d’une enquête judiciaire sans suite ?

Après 23 années d’enquête judiciaire, les coupables de l’assassinat de Jean Léopold Dominique sont loin d’être jugés. Des organisations de défense des droits humains, de travailleurs de la presse et des associations de journalistes dénoncent le règne de l’impunité en Haïti, notamment dans le cas du dossier du PDG de la radio Haïti Inter. Se plaidant pour la poursuite de l’enquête judiciaire, SOS journalistes, l’Association des Journalistes haïtiens (AJH), entre autres, invitent les autorités judiciaires du pays à se pencher d’urgence sur le dossier.



SOS Journalistes condamne l’impunité qui se poursuit dans l’affaire de Jean Léopold Dominique. Dans une note, l’association appelle les autorités politiques et judiciaires compétentes, particulièrement les juges de la Cour de cassation, à assumer leur responsabilité pour mettre fin à ce déni de justice honteux, intolérable. SOS Journalistes dit s’insurger contre le fait que le dossier se trouve depuis 9 ans à la Cour de cassation. « Le dossier n’a pas pu suivre son cours normal, notamment en raison d’un problème de fonctionnement au niveau de la cour », peut-on lire dans la note signée par Joseph Guyler C.Delva, secrétaire général de l’association.


Une enquête infructueuse ?


Pour sa part, l’Association des journalistes haïtiens (AJH) dit constater, pour des raisons inexplicables, que le dossier est coincé par devant la cour d’Appel et la Cour de cassation. Elle se dit choquée du fait que les criminels courent toujours les rues 23 ans après. L’association dénonce ce déni de justice qui ne fait qu’encourager les assassins des journalistes à tuer en toute impunité. « L’instabilité politique chronique durant ces vingt dernières années et la défaillance du système judiciaire n’ont fait que renforcer l’impunité », précise un communiqué de l’AJH.


Une impunité clairement manifestée dans la lenteur du dossier pour SOS Journalistes. « En 2003, il y a eu une première ordonnance du juge d’instruction d’alors Bernard Saint-Vil dans laquelle 6 exécutants présumés du crime avaient été inculpés, sans que rien n’ait été dit concernant les commanditaires de ce crime odieux », lit-on dans la note rendue publique par SOS Journalistes.


Le document précise que les résultats de cette enquête ont été transmis à la Cour de cassation et publiés le 17 janvier 2014 sous l’instruction du juge Yvickel Dabrézil. Ce dernier devait instruire le dossier avec un focus sur les auteurs intellectuels présumés du double assassinat, le 3 avril 2000, de Jean Dominique et de son gardien Jean-Claude Louissaint. « Le juge Dabrézil a conclu son rapport par la désignation de Mirlande Libérus Pavert, une ancienne sénatrice du Parti Lavalas comme “auteure intellectuelle” du crime. D’autres proches d’Aristide ont également été suspectés », a-t-il souligné.


La note révèle, par ailleurs, que l’ancien chef de sécurité du Président Jean-Bertrand Aristide, Oriel Jean, avait, dans une interview avant sa mort, fait des témoignages très accablants contre Aristide qui aurait joué un rôle dans le complot ayant abouti au crime. L’Office de la Protection du Citoyen (OPC), pour sa part, invite les travailleurs de la presse à garder le flambeau de l’excellence, du professionnalisme que portait Jean Dominique dans son verbe précieux, recherché et immortel. « Ils ont assassiné un homme, mais pas la profession, pas la pensée. Ils ont assassiné une voix, mais pas la parole », a fait savoir l’OPC dans une note à l’occasion des 23 ans de l’assassinat de Jean-Dominique.


Pierre Samuel MARCELIN


Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.

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