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Haïti devenu l’un des pays où les assassins de journalistes ont le plus de chance d’échapper

Selon l’Indice mondial de l’impunité 2023 du Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ), Haïti, frappé par la crise, regagne la liste des pays où les assassins de journalistes ont le plus de chance de demeurer impunis. C’est du moins ce que révèle un rapport publié récemment par l’institution.



« Une combinaison dévastatrice de violence des gangs, de pauvreté chronique, d’instabilité politique et d’un système judiciaire dysfonctionnel est à l’origine de la première inclusion de ce pays des Caraïbes sur la liste annuelle du CPJ des pays où les assassins s’en tirent en toute impunité », peut-on lire dans le document. L’absence persistante de justice pour les journalistes assassinés constitue une menace majeure pour la liberté de la presse. Dix ans après que les Nations Unies ont déclaré une journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes — et plus de 30 ans après que le CPJ a commencé à documenter ces assassinats — près de 80 % d’entre eux n’ont toujours pas été élucidés.


Haïti se classe désormais au troisième rang mondial des pays où l’impunité pour les crimes contre les journalistes est la plus grande, derrière la Syrie et la Somalie. Cette dernière ainsi que l’Irak, le Mexique, les Philippines, le Pakistan et l'Inde figurent chaque année dans l’indice depuis sa création. La Syrie, le Soudan du Sud, l’Afghanistan et le Brésil y figurent également depuis des années, ce qui donne à réfléchir sur la nature persistante et pernicieuse de l’impunité. « Les conflits, la corruption, l’insurrection, une mauvaise application de la loi, et le manque d’intérêt politique pour punir ceux qui sont prêts à tuer des journalistes indépendants sont tant de raisons qui font que ces pays ne poursuivent pas les assassins de journalistes », dénonce le rapport.


Parmi ces États se trouvent des démocraties et des autocraties, des nations en proie à la tourmente et d’autres ayant des gouvernements stables. Certains sortent d’années de guerre, mais le ralentissement des hostilités n’a pas mis fin à la persécution des journalistes. Et à mesure que l’impunité s’installe, elle témoigne d’une indifférence susceptible d’enhardir les futurs assassins et de saper le journalisme indépendant, car les journalistes alarmés fuient leur pays, réduisent leur couverture médiatique ou quittent complètement la profession.


L’indice de cette année recense 261 journalistes assassinés dans le cadre de leur travail entre le 1er septembre 2013 — année où les Nations Unies ont déclaré le 2 novembre Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes — et le 31 août 2023. On constate qu’au cours de cette période de 10 ans, personne n’a eu à rendre des comptes dans 204 de ces cas, soit plus de 78 %. Notons que les journalistes tués dans la guerre entre Israël et le Hamas, qui a commencé le 7 octobre dernier, ne sont pas pris en compte dans le rapport, car leurs décès sont intervenus après la période de 10 ans visée par l’indice.


Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.


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