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« Haïti se trouve certes sur une île, mais elle est très pauvre en eau »

Alors qu’Haïti figure parmi les pays membres des Nations Unies qui ont adopté les Objectifs de Développement durable (ODD) de 2015, seulement 12 % de la population haïtienne ont accès à l’eau potable, selon les chiffres de la Banque Mondiale. La pénurie de l’eau s’installe à tous les niveaux de l’échelle sociale en Haïti. Pour voler au secours et sensibiliser certaines familles, la quinzaine de l’eau, une activité lancée par une organisation de la société civile, se poursuit dans le département du Nord.



Cette activité qui a débuté le 15 mars dernier se réalise sous la supervision du Foire en Eau potable et Assainissement (FREPA) et du Campus Henry Christophe de Limonade. Elle vise à faire un plaidoyer sur l’importance de l’eau en Haïti. « Il revêt d’une importance capitale de rappeler à la société leur ultime responsabilité de veiller à la protection des eaux du pays », a fait savoir l’ingénieur Jean-Marie Raymond Noël, professeur des universités.


Malgré qu’Haïti ait signé en 2015 l’Objectif de Développement durable, laquelle préconisant l’accès en eau potable pour tous d’ici à 2030, elle est très loin d’atteindre cet objectif. Ce, malgré le fait que le pays fait partie d’une île. « Les 12 millions d’habitants du pays souffrent encore de la pénurie de l’eau potable. Pour remonter cette pente, il nous reste encore beaucoup à faire. L’accès en eau nécessite le rapprochement géographique. Il suffit d’être à environ 30 minutes de l’eau pour qu’elle soit accessible », révèle l’ingénieur.


Souvent les eaux souterraines sont utilisées comme eau potable. Ce qui est, de l’avis de M. Noël, une menace importante pour nos réserves d’eau qui commencent déjà à baisser en quantité et en qualité. Il exhorte la population à trouver un moyen d’utiliser de préférence les eaux de surface. « Le plus grand problème des eaux réside dans la façon dont les utilisateurs en font une utilisation abusive. Principalement, les eaux souterraines. Chacun forge chez eux un puits. Et, ceci est très grave », fait savoir Jean-Marie Raymond Noël.


Le responsable pense que la diminution de l’eau en Haïti a des impacts directs sur des activités clés comme l’agriculture. D’où, selon lui, l’importance pour que chaque citoyen se transforme en acteur de changement. « Aucun sacrifice n’est trop grand pour protéger les réserves d'eau du pays », lâche l’ingénieur. Pour éviter le pire, M. Noël rêve que chacun joue sa partition pour sauver les réserves d’eau du pays. Tout le monde doit apporter sa contribution, croit-il.


Les jeunes, la société civile, le secteur privé toutes catégories confondues devraient s’engager dans la lutte pour préserver et gérer les eaux du pays qu’elles soient souterraines ou non, recommande-t-il avec fermeté. Si selon la Banque Mondiale seulement 12 % de la population haïtienne ont accès à l’eau potable, le professeur Noël joue, de son côté, la carte de la prudence sur les chiffres avancés par l’institution internationale.


Il plaide pour que le pays se serve de son propre organisme d’observatoire réfléchissant sur certaines statistiques liées à la problématique de l’eau. Dans un communiqué publié par l’Action internationale pour les Droits Humains (AIDH), à cette date, il est rapporté que « Haïti est le pays ayant la plus faible couverture en eau potable de la Caraïbe. Seulement 54,8 % des gens vivant sur ce sol peuvent se procurer de l’eau potable ».


Pierre Samuel MARCELIN


Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.

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