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La crise sécuritaire affecte la célébration de la fête des Morts en Haïti

En raison de la crise sécuritaire qui sévit depuis au moins cinq ans dans le pays, la célébration de la fête Vodou appelée Guédé au Grand Cimetière de Port-au-Prince n’a pas réuni la grande foule.


Reportage


« La quantité a diminué par rapport à comment cela a été dans le passé », admet Péguy Noël, professeur de Sciences sociales rappelant que le pays se retrouve dans un carrefour difficile depuis des années. De nombreux quartiers sont vidés de leurs occupants — sans compter la grande quantité de personnes ayant quitté le pays. Toutefois, plusieurs centaines de jeunes, d’adultes, d’hommes et de femmes de tous âges, adeptes du vodou et curieux ont investi l’espace. Mouchoir noir au cou ou ceint la tête, ils chantent, prient et implorent les esprits appelés loas qui sont l’équivalent des saints dans l’Église catholique. Une petite quantité de personnes comparativement aux années précédentes.


« La fête Guédé de cette année ne se passe pas bien. Dans le passé, je pouvais voir beaucoup plus de Guédés. Aujourd’hui, on n'en voit que quelques-uns. En raison de la circonstance, beaucoup de gens ont peur d’investir les rues », renchérit Hérold, interrogé par Enquet’Action au plus grand cimetière de la capitale.



UNE FÊTE HAUTEMENT SYMBOLIQUE !


La fête Guédé est la plus grande célébration dans la culture et religion vodou en Haïti. C’est une fête remplie de musiques, couleurs, offrandes de fleurs, trances, prières et invocations, odeurs, insultes, danse, de changement de langage et de rites. « Le Guédé c’est toute une vie. C’est une tradition. Une exploration de l’au-delà. Quand on sait qu’il s’agit d’ancêtres déjà morts, cela nous montre qu’il existe un pont entre la mort et la vie. Cela veut dire que les esprits des morts reviennent pour vivre au milieu de nous », selon Péguy Noël.

« C’est comme si l’on peut dire que ces esprits retournent pour vivre parmi les vivants voire participer dans la vie des vivants », ajoute Noël, se disant étonné de voir la richesse d’une telle célébration.


Le Cimetière est un espace symbolique où se réalisent les plus grandes cérémonies mystiques dans la religion vodou. Ce sont dans les cimetières qu’on rencontre les plus hauts niveaux de magie. On y réalise des traitements, on offre des protections, voire des chances. Des gens sont habillés totalement en blanc. Des femmes et des hommes utilisent des contenus pigmentés dans leur intimité. Des personnes possédées par des esprits se mettent en transe — d’autres boivent du Rhum à profusion. La fête de Guédé dédiés aux morts — est célébré chaque année les 1er et 2 novembre dans tous les cimetières d’Haïti.


GUÉDÉ EN CONTEXTE DIFFICILE


Depuis plusieurs mois, des dizaines de personnes vivent dans le cimetière de Port-au-Prince aux côtés des morts dans des conditions inhumaines. Elles ont fui massivement la guerre des gangs prenant en otage une grande partie de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Les festivités ont lieu dans un cimetière en mauvais état donnant l’impression qu’aucun entretien n’a été fait par les autorités gérant l’espace faisant face à une diminution drastique des personnes enterrées ces dernières années en raison de l’insécurité grandissante dans le pays. Des vivants autant que des morts fuient le grand Cimetiere de Port-au-Prince.


L’entrée principale du cimetière se retrouve dans un état déplorable en raison des pluies torrentielles qui s’abattent ces derniers jours sur Haïti en pleine saison cyclonique qui va se terminer le 30 novembre prochain. Également, des espaces à l’intérieur du cimetière sont inondés, faisant cumuler les amas d’eau et de déchets par-ci, par-là.



L’INSÉCURITÉ AFFECTE LES FESTIVITÉS


Quasi toutes les zones environnant le Cimetière emblématique de la capitale sont en proie à une situation d’insécurité sans précédent faisant fuir des milliers d’Habitants.es dont des pratiquants du vodou. Ceux qui ne sont pas délocalisés ont laissé tout bonnement le pays.Toutes ces zones sont sous le contrôle des gangs armés qui imposent leur loi — notamment en imposant des droits de passage aux véhicules faisant tripler voire quadrupler les titres de transport à travers tout le pays. Une situation qui fait, entre autres, augmenter l’insécurité alimentaire en Haïti. Situé au sud de Port-au-Prince, le grand cimetière de Port-au-Prince reste un patrimoine architectural et historique — très fréquenté par les adeptes du vodou les 1er et 2 novembre de chaque année. Un espace où sont enterrés d’anciens présidents et ministres voire d’innombrables personnalités importantes.


En raison de la situation de violence qui sévit dans le pays, toutes les festivités chères à la culture haïtienne se voient impacter dans leur façon de célébrer — faisant totalement diminuer la quantité de personnes les assistant et du coup les réduire à leur plus simple expression.


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