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Chute du crédit bancaire de 10 % en Haïti (Document)

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 43 minutes

Selon la dernière Note sur le crédit publiée par la Banque de la République d’Haïti (BRH), le portefeuille de prêts accordés au secteur privé a reculé d’environ 10 %. En tenant compte d’une inflation de 38,7 %, la baisse réelle dépasse toutefois les 30 %. Haïti figure désormais parmi les pays de la région les moins financés par le crédit bancaire, avec seulement 5 % du PIB soutenu par les prêts, contre une moyenne d’environ 45 % dans la Caraïbe.


CP: Unsplash
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Cette contraction reflète un climat économique particulièrement lourd, marqué par l’insécurité persistante, la faiblesse de l’investissement privé et la fragilité du système bancaire. La BRH rappelle que, dans un pays dépourvu de véritable marché financier, les entreprises dépendent essentiellement du crédit bancaire ou de leurs propres ressources. Lorsque l’accès au financement se réduit, c’est l’ensemble de l’activité économique qui ralentit.


La dégradation du contexte sécuritaire a affecté à la fois l’offre et la demande de crédit. De nombreuses entreprises voient leurs activités perturbées, ce qui entraîne une baisse de revenus et fragilise leur capacité de remboursement. En conséquence, la qualité du portefeuille bancaire s’est détériorée : en 2023, le taux d’arrérage est passé de 6,67 % à 8,51 %, avec un pic préoccupant de 11,85 % en mai. Parallèlement, le nombre de comptes de prêts a fortement diminué, passant de 91 733 en 2021 à seulement 69 098 en 2023.


Pour contenir les pressions inflationnistes et stabiliser le taux de change, la Banque centrale a maintenu une politique monétaire restrictive. Les taux directeurs ont été relevés et les réserves obligatoires sur les passifs en devises sont restées élevées. Si ces mesures contribuent à réduire la volatilité macroéconomique, elles limitent néanmoins la capacité des banques à accorder de nouveaux crédits.


Malgré ce contexte difficile, la BRH continue de soutenir certains secteurs jugés stratégiques à travers des programmes incitatifs. Pour l’exercice 2022-2023, plus de 12 milliards de gourdes ont été mobilisés, notamment en faveur de l’immobilier, des zones franches industrielles, de l’agriculture et des entreprises exportatrices. Ces initiatives, bien que significatives, demeurent insuffisantes pour inverser la tendance générale.


En conclusion, la note souligne que le crédit, pourtant essentiel à la relance économique, reste fortement freiné par l’insécurité, la volatilité du taux de change et le niveau élevé de l’inflation. Tant que ces contraintes persisteront, l’accès au financement restera limité en Haïti.


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