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Edito: Les bouffons font de mauvais rois. C’est connu.

Les réactions suite aux interventions de la ministre Prophète peuvent se lire ainsi. L’espoir demeure d’un peu de dignité. L’espoir demeure que, quelque part au milieu de toute cette fange qui jouit des privilèges de l’Etat ou utilise les gangs comme prestataires afin d’y arriver, quelqu’un aura un discours qui fleure la décence.



Par Francesca Theosmy

Sans citer le plus tristement célèbre d’entre eux, afin d’éviter le point Godwin, on sait que les artistes ou ceux qui se rêvent tels ne font pas les meilleurs dirigeants. Il y a eu Ronald Reagan aux Etats-Unis, Léopold Sédar Senghor au Sénégal, Joseph Estrada aux Philippines et beaucoup d’autres. Nous avons eu Michel Martelly entre 2011 et 2015. Emmanuel Charlemagne s’est essayé à la mairie de Port-au-Prince avec des résultats peu souriants. Au Parlement, des transfuges du compas direct ont siégé avec au final pas de résultats du tout.


Emmelie Prophète-Milcé, autrice de romans à succès, parachutée ministre via ses relations et cumulant les porte-feuilles de la culture et de la justice, n’inaugure rien dans ce domaine. Autrement dit, si ses interventions sur la situation insoutenable du pays n’avaient pas été aussi navrantes que sa gestion (celle de tout son ‘’gouvernement’') était désastreuse, on aurait été surpris.


Paradoxalement, c’est cette surprise que nous recherchons.


En dépit de tout ce que nous avons connu en termes de dirigeants : des médecins psychopathes, des agronomes alcooliques, des chanteurs addicts, des prêtres sadiques, des militaires sanguinaires voire gâteux… Nous avons épuisé presque tous les profils extrêmes. Mais nous continuons d’espérer.


Il faut aller dans les comédies dont Hollywood a le secret pour trouver des personnages capables de rivaliser avec les champions de nos urnes. Urnes que la communauté internationale nous prête, il faut l’avouer. Même en sachant qu’un artiste est un fou dont la légitimité est de distraire par le verbe et non de gouverner, nous continuons d’espérer.


Même en sachant qu’Ariel Henry et sa bande sont au pouvoir par la grâce de l’International et des mécanismes aussi aberrants que sanglants, nous continuons d’espérer… quelque chose.


Les réactions suite aux interventions de la ministre Prophète peuvent se lire ainsi. L’espoir demeure d’un peu de dignité. L’espoir demeure que, quelque part au milieu de toute cette fange qui jouit des privilèges de l’Etat ou utilise les gangs comme prestataires afin d’y arriver, quelqu’un aura un discours qui fleure la décence.


Nous sommes de ce fait parmi les peuples le plus sublimement naïfs ou optimistes de la Terre. Ou peut-être est-ce la névrose d’une communauté vieille de 200 ans, à qui l’on arrache sans cesse le droit de choisir, et qui répète la même erreur. Placer sa foi dans les bouffons.

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