Enquet’Action, 9 ans déjà : tenir parce qu’on ne peut pas abandonner
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Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Ce 2 juin marque le neuvième anniversaire du lancement d’Enquet’Action. Neuf années depuis que nous avons osé doter le pays d’un média dédié à l’investigation et au journalisme de fond.

Édito
Neuf ans déjà que votre média d’information et d’investigation en ligne, Enquet’Action, s’inscrit dans le paysage médiatique haïtien. Une existence fragile, sensible et semée d’embûches. Enquet’Action a traversé l’une des périodes les plus tragiques de l’histoire récente de la presse haïtienne, marquée par la violence des gangs armés contrôlant une grande partie de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Le constat est accablant : au moins vingt journalistes ont été tués depuis 2018, plusieurs autres ont dû s’exiler, et beaucoup ont été enlevés, déplacés ou réduits au chômage. Jamais auparavant la corporation n’avait affronté une telle hécatombe. Cette vague de violence a emporté presque tout sur son passage, jusqu’à la passion de certains qui rêvaient de faire carrière dans ce métier.
Port-au-Prince est devenu un véritable no man’s land, où la liberté de circuler appartient désormais au passé. Les journalistes y sont des cibles privilégiées pour les ennemis de la vérité. Pendant ce temps, les autorités, incapables de garantir des conditions minimales d’exercice, se contentent de publier des communiqués à chaque disparition ou assassinat. Une absence coupable face à l’effritement de la liberté de la presse.
Être journaliste aujourd’hui en Haïti, c’est faire preuve d’héroïsme dans un pays où tout pousse à l’abandon du métier. Mais nous avons choisi de tenir bon. Durant cette période d’enfer, des médias ont disparu, mais Enquet’Action a résisté. À l’impossible, nous avons tenu.
Nous avons tenu bon parce que le journalisme d’investigation ne peut pas mourir. Parce qu’il est un pilier pour un pays qui a fait le choix de la démocratie, un rempart contre la désinformation, les discours officiels trompeurs et les dérives autoritaires. Ce journalisme questionne, critique, dénonce, expose et propose.
Certes, nous n’avons pas atteint tous nos objectifs. Nous sommes loin de ce que nous avions planifié. Mais
Enquet’Action existe, même si le journalisme, comme contre-pouvoir, est mis à l’épreuve par les autres pouvoirs, quand ils existent.
Pour preuve, l’ancien Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a publié le décret liberticide du 31 décembre 2026 : un texte qui prétend encadrer la liberté d’expression et réprimer les délits de presse. Une loi liberticide et anti-presse dont nous exigeons l’abrogation pure et simple. Elle fragilise ceux qui dénoncent et menace directement l’existence d’Enquet’Action.
À tous ceux qui participent à faire de nous ce que nous sommes : le public, nos abonnés, nos lecteurs, nos partenaires, nos journalistes, nos sympathisants, nous promettons de garder le cap. De continuer à faire autrement et différemment.
En attendant que les conditions sécuritaires s’améliorent, Enquet’Action croit que le journalisme ne doit pas mourir et ne mourra jamais. Que vive le bon journalisme ! Nous faisons la promesse de continuer à tenir, à exister malgré l’adversité, les défis structurels et conjoncturels. Enquet’Action existera tant qu’il y aura des lecteurs à informer. Et il y en aura toujours.
Longue vie à vous, longue vie à nous !
Milo Milfort – Éditeur en chef, Enquet’Action










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