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Edito : Cette migration qui n’en finit pas

Au diable l’élimination de la pauvreté en Haïti d’ici 2030. Faim « Zéro » et Santé et bien-être attendront. Le temps est à la migration interne.


CP: Marc Henley Augustin/ Loop


La migration a toujours fait partie intégrante de l’histoire du monde. Nos ancêtres, l’homo erectus, l’homo ergaster ou encore l’homo sapiens, tous originaires d’Afrique, ont dû migrer vers l’Eurasie, le Moyen-Orient… Quand l’environnement ne pouvait plus leur offrir ce qu’ils voulaient, ils allaient voir ailleurs.


Ce même esprit anime l’homme moderne qui est en quête éternelle de mieux être. Ce que la Syrie n’a pas, le syrien part à sa recherche en Suisse. Le Burkinabé n’hésite pas à faire le long voyage de l’Afrique vers les États-Unis d’Amérique quand c’est le prix à payer pour goûter au rêve américain.


Que dire de l’haïtien qui n’échappe guère à cette règle migratoire ?


Il a longtemps opté pour la République dominicaine, le Canada, la France et les Antilles. Et dans son histoire récente, pour le Chili et le Brésil. Il a voulu à tout prix fuir la pauvreté, le chômage, l’insécurité, l’instabilité politique, etc. Héritage de ses chers élus et consorts.


Cette volonté l’anime encore quand il se sent concerné par le programme « humanitarian parole ». Fort heureusement, dans ce cas précis, il a cette option de migration externe.


Même s’il en est contraint, il laisse le pays avec un minimum de volonté contrairement aux habitants de Bel Air, de San Fil, de Maya, de Solino, qui continuent de quitter leurs domiciles sans destination à cause des affrontements entre civils armés.


En moins d’une semaine, des résidents de vieille date de ces quartiers se sont transformés en sans-abri. Des familles plus ou moins aisées ont intégré le rang des pauvres. Des maisons ont été incendiées avec des personnes à l’intérieur. Les activités économiques ne sont plus.


Au diable l’élimination de la pauvreté en Haïti d’ici 2030. Faim « Zéro » et Santé et bien-être attendront. Le temps est à la migration interne.


Des semaines avant, on a couru à Liancourt. Martissant, Pernier, Torcel, Croix-des-Bouquets, Croix-des-Missions, Cité Soleil ont eu droit à leur course.


Nous assistons à la séparation de notre territoire. Les endroits auxquels nous avions accès se réduisent peu à peu. Des bandits continuent d’envahir nos quartiers. Nous les abandonnons pour d’autres en attendant de fuir à nouveau.


On monte, on descend. On attend l’État. L’État dénonce, tweete et attend le blanc. Le blanc hésite, promet et agit lentement. Nous migrons tous et ça continue.


Jeff Mackenley GARCON


Ce projet de contenus est financé par l’IFDD/OIF.

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