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Plus de 80 % de la population ne connaissent pas les ODD, selon un sondage

Le Gouvernement haïtien à travers le ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) en collaboration avec ses partenaires a lancé un dialogue multipartite sur le financement des Objectifs de Développement durable en Haïti. Cette activité, déroulée les 5 et 6 septembre écoulés, a mis l’accent sur les défis à relever dans le financement des ODD, la participation de la société civile et la perception des citoyens face à ces programmes.


L’agenda 2030 voté depuis 2015 peine à se faire sentir en Haïti en 2023. Le pays sombre dans la misère la plus abjecte. La faim ravage les familles. Santé, éducation, sécurité, tout semble au point mort dans la société haïtienne. Le gouvernement entend, à travers le Cadre intégré national du Financement du Développement durable (CINF-ODD), mener des actions pouvant permettre d’influencer certaines cibles des ODD. Ce dialogue a été initié dans un contexte particulier où les populations font face à tous les problèmes de l’existence. Le pays est à genoux devant ses difficultés et continue sa marche en arrière. Pendant quatre années consécutives, le pays enregistre une croissance négative et un niveau d’inflation qui atteint plus de 40 %, selon les données de l’Institut haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI).


Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Patrick Boisvert, le pays est secoué par la crise multidimensionnelle et des chocs naturels exacerbés par la Covid-19, les impacts de la guerre en Ukraine et la prolifération des gangs. Ce qui aurait, selon lui, engendré la détérioration du niveau de vie de la population. À en croire les acteurs, le dialogue, inscrit dans ce contexte, a pour objectif de permettre à une diversité d’acteurs, des autorités publiques, les entrepreneurs et la société civile, de comprendre les enjeux du développement et du financement des ODD en Haïti.


À l’occasion, ils ont présenté le résultat d’un sondage réalisé en vue de se faire une idée de la perception des citoyens.nes vis-à-vis de la réalisation de ces ODD. Plus de 87 % de la population ne connaissent pas les Objectifs de Développement durable que le pays doit poursuivre et financer. Il est à souligner qu’il y a 8 années depuis que le pays s’est engagé sur la voie de l’horizon 2030. Aujourd’hui, en 2023, il ne reste pas moins de 7 ans avant l’expiration de cette date fixée pour l’accomplissement de ces objectifs dans le monde.

Dans les zones urbaines, seulement 20,7 % de la population ont entendu parler des ODD. Parallèlement, dans les zones rurales, ils. elles sont évalués.es à 16,5 % ceux et celles qui ont entendu parler des ODD. Dans l’ensemble du pays, il serait évalué à seulement 19 %, selon les données communiquées par Antonal Mortimé, un membre du comité de Supervision de ce sondage citoyen.


Par ailleurs, le sondage révèle que la plus grande majorité de la population serait en désaccord avec les pratiques ou exercices des processus démocratiques et constitutionnels en Haïti. Ils pensent que les élections réalisées en Haïti ne sont pas démocratiques et donc, ne font pas confiance aux procédures. Plus de 91 % de la population estiment très défavorables les conditions sociales et économiques. Dans la même veine, près de 69 % pensent que les conditions socio-économiques dégradantes ne vont pas changer du jour au lendemain.


En ce sens, plus de 64 % sont persuadés que ce sera le même scénario pour les deux prochaines années.

Toujours en ce qui concerne la perception citoyenne, M. Nolex Fontil faisant partie de l'équipe de sondage, révèle qu’à travers cette étude menée par les responsables, la population se montre très satisfaite de la manière dont le pays est dirigé. Les citoyens sont très pessimistes par rapport à une amélioration de leurs conditions de vie. 95 % de la population pensent que la corruption est l’un des fléaux majeurs qui empêchent le développement du pays. 87 % sont en désaccord avec la politique du Gouvernement et 91 % sont très défavorables par rapport au niveau de la satisfaction de leurs besoins.


Jean Robert BAZILE

Ce projet de contenus a eu le support de l’IFDD/OIF.


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