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L’École Sonia Pierre dépose ses valises à Port-au-Prince

  • 22 juil. 2025
  • 3 min de lecture

Du 11 au 14 juillet dernier, la capitale haïtienne a accueilli la 8e édition de l’École Sonia Pierre, une formation destinée aux militantes et militants du mouvement social caribéen. Cette initiative du Groupe latino-américain de formation et d’action féministe (GLEFAS) de concert avec l’Université Itinérante de la Résistance (UNIR), de l’Institut pour la diversité, l’équité et l’inclusion (IDEI) et de l’Organisation féministe Marijàn (OFMA) s’est déroulée autour du thème : Pensées caribéennes, luttes antiracistes et décolonialité. Plus d’une dizaine de militantes venant de différentes organisations de femmes et féministes du pays y ont pris part.


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Par Anne-Aïse Vilmé


Durant les 4 jours de cette formation politique critique, plusieurs thématiques comme la modernité/colonialité, la race et le racisme, l’intersectionnalité et le féminisme décolonial ou encore Haïti et la République dominicaine, féminismes noirs et antiracistes ont été abordés. Ce fut l’occasion pour les structures organisatrices de permettre aux organisations du mouvement social haïtien d’articuler les savoirs depuis une perspective caribéenne, noire, féministe et populaire, et de renforcer leur vision critique et décoloniale. « L’objectif de l’École Sonia Pierre est d’apprendre à ces organisations les théories sociales », a précisé Claudia Alavez, coordonnatrice de l’Université Itinérante de la Résistance (UNIR), l’une des structures organisatrices de l’activité.


Organisée par le Groupe latino-américain de Formation et d’Action féministe (GLEFAS), l’École rend hommage à Sonia Pierre, militante dominicaine d’origine haïtienne ayant consacré sa vie à la défense des droits humains, de la justice raciale et de la pleine citoyenneté des migrants et migrantes d’Haïti en République dominicaine. Les sept premières éditions de cette formation ont été organisées en terre voisine et, depuis trois ans, UNIR s’est joint au processus en promouvant la participation active d’organisations sociales haïtiennes. Mais à cause de la situation sécuritaire du pays rendant difficile le déplacement vers la République dominicaine, c’est Port-au-Prince qui a accueilli la formation de cette année. Claudia Alavez qualifie cette édition réalisée d’acte de résistance, de pari sur la circulation des idées, de formation politique depuis les marges et de renforcement des alliances populaires.

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« Il y a eu des discussions pour savoir si ce ne serait pas mieux d’organiser l’activité dans le Nord ou dans le Sud où la situation sécuritaire est mieux. Mais j’ai dit qu’à Port-au-Prince, il y a des militantes et militants, des gens qui ne peuvent pas partir, qui ne peuvent pas se déplacer. C’est aussi une manière de dire aussi que nous sommes là, que nous continuons à faire des formations et que nous croyons toujours en Haïti », a-t-elle souligné. Selon Mme Alavez, la 8e édition de l’École Sonia Pierre s’est inscrite dans l’horizon politique et pédagogique d’UNIR faisant la promotion des espaces de rencontre, de réflexion et d’action afin de renforcer le travail des organisations sociales haïtiennes. « Se former, c’est aussi lutter. En ces temps de crises régionales, l’École Sonia Pierre réaffirme l’urgence d’une solidarité caribéenne sans frontières. L’objectif de l’UNIR est de rapprocher les organisations sociales qui militent en Amérique latine », a-t-elle fait savoir.


Pour faciliter ce rapprochement, l’UNIR a profité de l’École Sonia Pierre pour partager avec les organisations sociales haïtiennes l’expérience des pays comme le Guatemala, le Honduras, le Salvador ou encore la Bolivie. « À travers les contenus proposés, nous avons voulu équiper les participantes tant sur le plan théorique que pratique. Bien que plusieurs thématiques, comme le féminisme décolonial, le féminisme américain ou encore le féminisme latino-américain ont été abordées, dans l’ensemble, l’École Sonia Pierre n’est pas une école centrée sur le féminisme », a précisé Claudia Alavez.


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Selon Mme Alavez, cette première édition haïtienne peut aider à bâtir un lien entre Haïti et la République dominicaine. En ce sens, lors de la prochaine édition qui se déroulera encore dans le pays, les structures organisatrices comptent inviter des militantes dominicaines à y prendre part. « Nous n’allons pas nous arrêter là, même si notre objectif initial n’avait pas prévu l’arrivée de personnes venues d’ailleurs. Haïti et la République dominicaine vont continuer à travailler ensemble. Nous allons construire des ponts, créer un autre récit, un autre discours, et nous allons continuer à croire dans la solidarité », a-t-elle conclu.

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