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Lancement du Festival de Jazz de Port-au-Prince, dans un contexte d’insécurité

  • il y a 24 minutes
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Le Festival international de jazz de Port-au-Prince (PapJazz) s’ouvre ce mercredi, avec un programme étalé sur quatre jours, réunissant des artistes issus de six territoires, autour d’une programmation mêlant jazz contemporain, créole, improvisation, textures électroniques et traditions revisitées.



CI: Page Facebook Festival PapJazz
CI: Page Facebook Festival PapJazz

Le festival propose des concerts et prestations live, des afterhours, des ateliers et master classes, des showcases d’artistes émergents, des projections de films, des activités musicales pour enfants. Au programme, des artistes venant d’Haïti et de sa diaspora, mais également d’Europe, de la Caraïbe et des Amériques.


« À la Fondation Haïti Jazz, on avait besoin de rester optimistes, de se dire qu’on y arriverait, mais qu’on y arriverait tous ensemble, jusqu’à prêter l’oreille à celles et ceux qui annoncent 2026 comme le début d’un renouveau pour le pays », lit-on dans la brochure de presse du Festival.


« Alors on y est allé, comme toujours. Pas tête baissée, non, mais en s’entourant de couleurs vives, de fleurs, en s’entourant d’artistes qui nous aiment, qui nous font confiance, qui aiment Haïti ou qui rêvent de la découvrir », poursuit le document, qui donne déjà rendez-vous pour la 20ᵉ édition en 2027.


« Car Haïti, et sa capitale, continuent d’inspirer. Et cela, nous le devons à notre culture, à notre musique, à ce jazz qui traverse les frontières, se transforme, se métisse et dialogue avec les sonorités des territoires qu’il rencontre », termine le document sur une note optimiste.


Cette 19ᵉ édition reçoit des artistes venant spécifiquement d’Espagne, des États-Unis, de France, du Mexique, de La Réunion et d’Haïti. L’édition accueillera, entre autres, le guitariste Daniel Torrès du Mexique et Chano Dominguez, l’un des maîtres du jazz espagnol, ainsi que Georgia Heers et Aaron Goldberg des États-Unis. Également, Valérie Chane Tef de l’île de La Réunion.


Haïti sera représenté notamment par le musicien Joel Pierrevil, la chanteuse Riva Prévil, le chanteur Titi Congo, l’icône Eddy François, le musicien Gardy Girault, la chanteuse Alexandra Cherelus, le batteur Yves Drummer et le chanteur Jean Belony Murat dit Belo.


« Cette 19ᵉ édition du PapJazz incarne la vitalité et l’esprit international de Port-au-Prince. Après une édition 2025 dédiée aux talents haïtiens, l’Espagne est fière de contribuer cette année au retour de la fusion des cultures et des traditions musicales qui caractérisent le festival », a déclaré Marco Penin Toledano, ambassadeur d’Espagne en Haïti.


« La sophistication, la créativité et l’identité sonore unique du jazz espagnol sont, dans cette édition du PapJazz, à votre portée. Port-au-Prince deviendra, encore une fois, la capitale musicale des Caraïbes. Maintenir son rayonnement international permet de renforcer les liens d’amitié entre les différents styles de jazz et contribue à construire un monde où la musique devient langue universelle », poursuit Toledano dans le document de presse.


Fondé en 2007 par la Fondation Haïti Jazz, le PapJazz s’est imposé au fil des ans comme une plateforme culturelle majeure dans la région caribéenne, reconnue pour son exigence artistique, son ouverture internationale et son travail de développement des publics.


« Dans un contexte national complexe, le festival continue de faire le choix de la création, de l’échange et de l’accès, affirmant la musique comme un espace de lien et d’élan collectif », selon un communiqué publié aujourd’hui par les organisateurs.


Le Festival se tient dans un contexte d’incertitude marqué par l’insécurité et les incertitudes liées à la gouvernance politique, notamment à l’approche du 7 février prochain, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), dirigeant le pays depuis avril 2024.


Le CPT a échoué dans sa mission, qui consistait à organiser les élections afin de doter le pays de nouveaux élus le 7 février 2026. Il n’a pas organisé le référendum visant le changement constitutionnel et n’a pas pu rétablir le climat sécuritaire dans le pays comme promis.


Au moins 90 % de la région métropolitaine de Port-au-Prince sont toujours sous le contrôle des gangs armés, tandis que le Conseil électoral provisoire (CEP) dit consacrer cette année – année électorale – à des élections générales pour tous les postes électifs indistinctement.


Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, le pays ne compte plus d’élus dans ses postes électifs, alors que cette année marque une décennie sans élections pour renouveler le personnel politique.

 

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